Mardi 6 décembre 2011
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Vous mourrez d'envie de savoir la suite... Non ?
Je suis allée chercher mon appareil photo, j'ai pris quelques clichés, des preuves inutiles mais qui me permettaient de me rassurer un peu, puisque j'ignorais encore comment étaient les livres...
Je les sors de ces cartons humides, ils sont bien emballés, dix par dix... Deux-cents exemplaires de notre Boîte à Rêves...
Cela fait, voyons... combien de petits paquets enrobés de ces petite bulles qui claquent sous les doigts de nos petits-enfants quand ils arrivent à nous les prendre avant qu'on ait décidé de les
garder, parce que "ça peut" ?
Ce pourrait être un problème de CM1..
"Il y a deux cents bonbons dans le panier de la maîtresse. Elle veut les répartir en petits paquets de dix bonbons pour en donner un à chacun de ses élèves.
Combien y a-t-il d'élèves dans sa classe ?"
Là, selon le nombre d'enfants, vous en aurez toujours un qui lèvera le doigt en disant : "Il va manquer des bonbons, nous sommes trente-trois !"
Comme il n'a pas attendu que vous lui donniez la parole pour conclure ainsi, vous faites les gros yeux, sans succès, parce que vous rigolez fort derrière ce masque de sévérité que vous vous
infligez.
Lui, il a vu que vos yeux riaient, et il persiste : "Il va en manquer treize, maîtresse !"
... Les enseignants vous diront tous qu'il y a comme ça de petits génies qui s'amusent à troubler la classe avec des interrogations si bien pensées, des réponses si cohérentes, qu'il est bien
difficile de leur en vouloir.
C'est alors que vous vous sentez pousser des ailes : "Puisqu'il en manque treize, la maîtresse a fait combien de petits sachets ?"
Il vous regarde avec de grands yeux innocents et il lance à voix haute : "Je ne sais pas, moi. On n'a pas encore fait de division !"
Point final... Toute la classe rit sous cape. Ils n'ont pas besoin de savoir diviser pour avoir vu qu'il suffisait d'enlever un zéro à deux cents.
Je plaisante bien sûr, j'essaie de trouver de quoi sourire devant le désastre. Je prends la liste des souscripteurs, les enveloppes, et je décide qu'il vaut mieux découvrir au fur et à mesure
plutôt que de me jeter à l'eau la tête la première... Vous savez bien que je ne sais pas nager !
Un premier paquet ouvert, pas de souci... Les livres étaient bien protégés. Les quelques enveloppes déjà timbrées envoyées par des souscripteurs prévoyants sont prudemment remplies. Il ne
faudrait pas que je laisse passer un défaut, un problème, laisser croire que j'ai bâclé cette dernière tâche...
Un second paquet... Tout va bien. Je recommence à respirer.
Travail de "petite main" consciencieuse.
... comme sur une chaîne de fabrication... je prends un livre, je le glisse dans une pochette plastique, je l'y enferme après avoir glissé un petit mot - si petit ! - pour celui qui a signé la
commande et le chèque... Je met le tout dans une enveloppe, je colle les étiquettes d'adresse, la vôtre et la mienne. (Depuis le premier recueil j'ai progressé dans l'organisation)...
J'ai progressé ?
... Ben non !
Lorsque j'avais reçu les livres de la première souscription, la plupart des enveloppes étaient déjà timbrées !
– Dis... On peut déjeuner ? J'ai faim !
Monsieur mon époux regarde celle qu'il aime depuis près de quarante ans... Il ne me reproche pas ce temps que je passe avec vous... enfin, pas toujours.
– Déjà ?
Un coup d'oeil à la pendule de l'ordinateur produit l'effet désiré... Il est largement l'heure et je suis la pire des épouse qui soit : rien n'est prêt, et je suis encore en pyjama !
(À suivre)
...
De vous à moi