Merci à Kinou pour cette image de la Bibliothèque endormie
Dans un roman, il y a – presque toujours – un héros. C’est le personnage principal, celui qui prend souvent le plus de place, celui dont on suit les aventures ou les pensées au fil des pages. Ici, il s'agit de Papilio.
Mais, parce que ce serait lassant s’il n’y avait que lui, autour de lui gravitent d’autres êtres dont le rôle, même secondaire, est important.
Il y a ceux que l’on ne fait que croiser, le temps d’un paragraphe, d’une page. Ceux qui portent un regard sur le héros qui pourrait être le nôtre.
Ils donnent un avis qui doit être ensuite vérifié. Son opinion est-elle la bonne ou pas ?
Ici, disons que ce sera Raymond.
Il vit dans la rue, et, comme tous les sans-abris du monde qui n’ont pas encore abandonné, il observe, et, ce qu’il voit de Papilio lui fait penser qu’il est fou.
« Raymond, le sans-logis, l’aurait observé un moment, se serait frotté les yeux, comme le font toujours ceux qui ne sont pas sûrs d’avoir bien vu, puis aurait hoché la tête en signe de désapprobation. Ce n’était pas un mirage, pas un rêve, mais celui qui chantait sous la pluie, à la lueur d’un réverbère, était sans aucun doute un dément échappé de l’asile. »
(p.12)
Papilio l’est-il vraiment ? La réponse sera dans le livre, évidemment. Vous ne voudriez pas que je dévoile tout…
Il y a les personnages que l’on suit plus longtemps. Le temps d’un chapitre, ou deux... ou un peu plus. Ceux qui nous permettent d’en savoir davantage sur le héros, sur sa personnalité, sur ses réactions face aux problèmes, à l’adversité.
Disons que je pourrais en faire un inventaire…
Voyons…
Comme dans beaucoup de contes, il y aurait…
Des dragons…
« Celui qui l’emportait, de plus en plus vite, de plus en plus loin, était aussi un dragon, le plus beau, le plus grand, le plus fort. Fier et superbe comme un destrier en parade, il montait et descendait parmi ses congénères sans se préoccuper le moins du monde de ses voisins. Nul ne pouvait rivaliser avec lui et Papilio, enfin rassuré, se réjouit qu’il en soit ainsi. »
(p.62-63)
Des géants… qui ne seraient pas des moulins à vent et qui se mettraient à sa poursuite.
« D’abord accroupi, puis à genoux, le géant s’allongea finalement dans les fourrés. Ses immenses mains, avec précaution d’abord puis de plus en plus fébrilement, tâtonnèrent fouillèrent, grattèrent, déplaçant chaque petit caillou, écartant tiges et feuilles, dérangeant l’agencement des fleurs, écrasant ici ou là les noix qui avaient échappé à la précédente récolte… Il commençait à s’inquiéter sérieusement. »
(p.76)
Un crayon magique…
« Lorsqu’ils le virent arriver, ils poussèrent de tels cris que ceux qui jusqu’alors étaient restés bien sages, dans le tiroir caché d’un très vieux secrétaire, se réveillèrent en sursaut.
« Comment ? Quoi ? Qu’est-ce ? Qu’y a-t-il donc ici qui justifie un tel tohu-bohu ? »
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Les livres les plus anciens essayaient de remettre de l’ordre, mais c’était sans compter sur le maudit crayon qui se mit brutalement à battre la mesure comme un tambour major au sein de la plus effroyable bataille qu’on n’eût jamais vue. Ils s’envolaient, et, d’une étagère à l’autre, semaient au passage quelques pages, où points et virgules se bousculaient. »(p.86-87)
Et même le roi improvisé d’un conte de fées moderne…
« C’était un vieux monsieur, très élégant. Il portait un foulard de soie rouge noué dans le col ouvert de sa chemise d’un blanc immaculé. Son pardessus noir laissait apercevoir les plis impeccablement repassés d’un pantalon gris qui tombait souplement sur des chaussures incroyablement brillantes par ce temps.
Je crus un moment me trouver en présence du roi d’un conte moderne dont les serviteurs dérouleraient, à son passage, un immense tapis rouge afin qu’il ne risque pas de se salir sur la boue des trottoirs et des chemins. »(p.129)
Rencontres plus ou moins importantes pour la suite du récit…
Des arbres, des fleurs, des enfants, des adultes plus ou moins insouciants, et… Que diriez-vous si l’un des personnages principaux du roman était un ruban de soie rouge ? Que diriez-vous si vous appreniez que le meilleur ami de Papilio s’avère être quelqu’un que vous connaissez bien ?
Il faudra lire, bien sûr, pour en savoir davantage, lorsque le livre sera prêt, bientôt.
Le temps va s’étirer encore, mais si j’ai mis hier le point final à mon récit, sur un jour particulier de décembre, ce n’est pas parce que je crois encore au Père Noël (même si c’est vrai).
C’est peut-être parce que j’avais envie que la fin du roman ne soit qu’un commencement.
… mais vous n’êtes pas obligés de me croire.
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