Dimanche 14 février 2010
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Si je vous dis "chêne" et que j'ajoute "fable"... Vous me citerez tout de suite celle de Jean de La Fontaine... "Le chêne et le roseau" ? C'est tellement évident que j'ai même cherché pour vous une nouvelle
illustration...
Elle vous plaît ? Moi, je l'ai trouvée assez extraordinaire. Le roseau ploie, sans se briser... et le chêne déraciné va choir, forcément, sur cette pauvre diligence accidentée...
Vous imaginez ? Même au début du dix-neuvième siècle, les accidentés de la route étaient nombreux.
L'orage gronde sur le paysage...
L'orage grondait aussi, ici ?
Non, pas du tout... mais lorsqu'on parle "fable" aujourd'hui, il n'est pas nécessaire de remonter si loin... La preuve en est que cette image, je l'ai trouvée sur un superbe site qui lui est
consacré.
Vous connaissiez, vous, "Shanaweb.net" ? Pas moi. J'avais grand tort, parce que c'est un site très bien fait, qui
fourmille de renseignements inestimables.
Et, ce qui est important, c'est que mon ami Kerfon y est entré. Signe d'une évidente reconnaissance du travail qu'il accomplit quotidiennement pour nous proposer des fables au goût du jour.
Vous ne me croyez pas ? Regardez bien, c'est sur la page d'accueil, sur la droite, second parmi "les nouveaux fabulistes".
– C'est pas tout ça ! Tu leur fais encore de la pub, mais...
Ben, c'est normal que je leur fasse de la pub puisqu'ils m'ont prêté une image ! Non ? Vous n'en feriez pas autant ?
– D'accord, c'est de bonne guerre... mais où est le quichottinier de Kerfon ? Il n'est pas chez Shanaweb, si ?
Eh bien non, puisqu'il est ici ! Kerfon me l'a prêté, comme chaque fois que je lui demande un poème... Il a même dit :
Ça, ça m'a vraiment fait plaisir ! Si même Kerfon-le-Celte se met à parler quichottin, plus de problème... Le quichottinier à coup sûr entrera dans le Larousse. Je
ne sais pas si le Robert en parlera, ou si les hommes et femmes à l'habit vert se pencheront un jour sur le cas de ce quichottinier envahissant, mais, en attendant,
c'est un très beau cadeau que celui de Kerfon.
Voilà donc son arbre à lui, tout à fait le bienvenu dans la quichottineraie en ce matin de la Saint Valentin.
Le vieux chêne…
Le chêne séculaire à l’écorce noueuse
Qui nous offrait, jadis, son ombre généreuse
Et cachait en sa chair nos cœurs entrelacés,
Est tombé ce matin : un vent fort l’a couché.
Il a tissé le temps à nous regarder vivre,
Il était le témoin de nos jeunesses ivres,
Il savait tout sur nous, le présent, le passé,
Effeuillé à jamais, son livre est refermé.
Je me souviens encor du jour où j’avais dit
Que notre amour précoce était plus fort que lui,
Je n’aurais pas pensé qu’un caprice de vent
Puisse rompre le cou de cet arbre géant.
Dans un boucan d’enfer, sans le souci du deuil,
Des croquants sont venus saucissonner l’aïeul ;
La ligneuse matière ornée de nos prénoms
Finira, cet hiver, en fumées de saison.
Éole et Jupiter, soufflent sur nos histoires,
Ils bousculent le temps, font chavirer l’espoir,
Ils détruisent, amers, les êtres les plus forts,
Prenons garde, nous deux, ils souffleront encore !
Lorsque le temps aura calmé les éléments,
Que le lit du défunt sera laissé béant,
Je viendrai, pour nous deux, prier un long moment
Et, animé d'un vœu, je planterai un gland…
Merci, Kerfon, pour ce chêne-témoin de nos vies.
Si tu replantes l'arbre mort, qui sait ? L'Amour pourrait au temps survivre...
...
Aujourd'hui, je me Quichottinise...
Où il y a le chêne il n'y a pas de plaisir...
Autorisation d'un port ex-port accordée...