Mercredi 22 février 2012
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13:30
Vous vous souvenez de mon île ?
– Elle n'est pas à toi, même si ton amie Siratus t'y a conviée un jour...
C'est vrai, elle n'est pas à moi, mais elle est le rêve que nous partageons, elle et moi, depuis qu'elle me l'a montrée un jour que je m'étais égarée sur sa Galère...
Je l'y avais même vue à l'aurore...
Tu te souviens ?
– Je me souviens... D'ailleurs, comment pourrais-je l'ignorer, tu en parles tout le temps, comme si tu l'avais mise en fond d'écran !
Je le pourrais, c'est vrai... mais j'aurais trop peur de disparaître en me penchant vers elle chaque matin... Elle est belle, je
voudrais être peintre, ou écrivain...
– Tu n'es pas peintre, mais tu écris... n'est-ce pas être écrivain ?
J'écris, c'est vrai, je raconte... je partage mes rêves avec ceux qui ont décidé de me lire. Je suis émue quand ils m'écrivent aussi. J'ai l'impression de les connaître, tous, même ceux que je
n'ai jamais vus !
– Tu les connais, à ta façon, comme ils te connaissent à la leur, c'est normal... Les mots ont ce pouvoir.
Alors, ton île ?
Tu veux nous la montrer encore ?
Euh... vous en auriez vite assez, je pense... Vous l'avez déjà vue, pour les "deux ans" de la Bibliothèque, pour mes "ça peut" (J'avais adoré vous parler de Marguerite)... et, tout récemment, pour le conte écrit grâce à
la complicité d'Adamante et de Snow.
Mais, ce n'est pas mon propos aujourd'hui.
Ce n'est qu'un nouveau post-scriptum, pour fêter le changement de nom de la communauté de Jeanne Fadosi.
J'aime bien voir s'ouvrir les coulisses de nos blogs, même si j'ai depuis longtemps laissé "la pièce à côté" prendre un peu trop de place dans la Bibliothèque.
...
Il y a, parmi mes abonnés, vous le savez déjà, un visiteur particulier, qui s'arrête parfois longuement sur mes pages, me laissant des mots que j'aime partager avec vous.
Il n'y a pas manqué, ces jours-ci, et a fait de Siquijor - l'île aux sorciers - un mot-joyau.
Ne pensez-vous pas qu'il fallait "encadrer" ces mots-là ?
Ils sont à vous autant qu'à moi...
Il y a le début conditionnel, le Si qui sonne comme un défi, si t’es cap, si tu oses, alors que vous êtes en train de zapper de chaînes en chaînes pour éviter les discours d’oiseux candidats se pressant à une élection comme jadis les parisiens à un portillon de métro à l’arrivée de la rame.
Il y a le quij mystérieux, fruit des amours qu’un qui(z) viril, conquérant et qu’une douce, timide signant «j» abréviation d’une jeune fille sage, syllabe où se devine un mélange complexe de force et de douceur, caractère de cette île du bout du monde.
Enfin, l’or final emporte l’adhésion, boucle les valises et fait appeler le taxi pour aller retrouver là bas un petit bateau dérouté du Groenland, barré par un ours fatigué, un oiseau inquiet et un rat pressé de grimper à un cocotier. Ils vont accoster là, et sur la plage maintenant envahie par les enfants curieux de cet équipage étrange, raconteront les histoires magiques du pays d’où ils viennent, celui des roi des hivers qui emporte le soleil sous la terre, de la lune qui avait oublié de s’éteindre et des étoiles qui collectionnent les aurores pour les faire danser. Des histoires si belles qu'en fermant les yeux très fort, encore plus fort, on peut les emporter avec soi pour toute la vie.
Qu’Adamante lève les yeux et suive sa mouette pour laisser aux pieds le fardeau de son passé dans l’aube de sa ville, elle rejoindra par delà l’océan la ligne de vie qui mène à l’aigle de la rivière de Snow, d’où est parti ce conte.
Bises du grillon