Jeudi 23 février 2012
4
23
/02
/Fév
/2012
00:00
Hauteclaire... je sais que c'est un nom qui parlera à
beaucoup d'entre vous, au moins à ceux qui se sont inscrits à l'une ou l'autre des communautés qu'elle gère.
Mais...
... et ce "mais" est important, ce n'est pas parce que je suis membre de l'une d'entre elles que j'ai acheté ce livre.
Voyez-vous, il y a des moments comme ça, des moments où un mot vous parle plus que d'autres.
Hauteclaire, c'est le nom de l'épée d'Olivier, dans La Chanson de Roland. Et, moi, j'aime bien Olivier, le frère de la belle Aude, l'ami, le confident.
Je crois que je me souviendrai toujours du combat qui les opposa et que je découvris dans La Légende des siècles, à douze ans.
Vous en souvenez-vous ?
Victor Hugo a commencé ainsi son poème :
"Ils se battent - combat terrible! - corps à corps.
Voilà déjà longtemps que leurs chevaux sont morts ;
Ils sont là seuls tous deux dans une île du Rhône.
Le fleuve à grand bruit roule un flot rapide et jaune,
Le vent trempe en sifflant les brins d'herbe dans l'eau. [...]"
Victor Hugo, La légende des siècles, tome 1
"Le cycle héroïque chrétien", II : "Le mariage de Roland"
Le livre de poche, Paris, 1968, p. 170.
Un mariage ne commence pas toujours par un tel combat, mais dans ma tête de petite fille, je les voyais luttant jusqu'à l'épuisement, j'imaginais ces héros, j'en faisais des géants.
... et je transformais la belle Aude en princesse endormie dans un château déserté.
On ne pouvait pas m'empêcher de rêver, déjà...
Olivier, c'était le sage, Roland la force impétueuse.
Deux épées en présence : Durandal et Haute-Claire.
Alors... oui, Haute-Claire fut d'abord pour moi cette épée qui brillait entre les mains d'un partisan de la paix.
Ensuite... ensuite, ce fut le nom d'une héroïne de roman mis en images pour la télévision... Hauteclaire.
Et, enfin, ce sera pour moi le pseudo d'un auteur qui sait nous séduire par ses nouvelles, brèves, mais toujours bien menées.
Je ne citerai pas tout, bien sûr, parce que cela me mettrais hors la loi, mais je vous dirai que j'ai aimé, beaucoup, sa façon de revisiter certains contes, Barbe-Bleue devient si
attachant que j'ai désormais du mal à le peindre comme le bourreau de ses épouses ; le Petit Chaperon Rouge porte un imperméable, La Belle au Bois Dormant est pensionnaire
aux urgences...
Mais, plus encore, j'ai tant de fois imaginé que je pouvais traverser mon écran que je souris encore en pensant à celle qui l'a fait pour rejoindre sa plage...
"[...]
L'aide soignante eut vite fait de faire le tour du petit appartement, personne.
Les lumières étaient restées allumées, le sapin n'avait pas été dérangé, et rien n'indiquait que quelqu'un soit entré.
Le fauteuil roulant était resté devant l'ordinateur dont l'écran était noir, mais pas d'Agnès.
Il allait falloir appeler la police.
Par réflexe, elle appuya sur une touche du clavier, et l'écran se ralluma, l'ordinateur n'avait pas été éteint, il était juste en mode économie. La plage apparut, elle savait qu'Agnès rêvait
beaucoup devant cette image, et elles l'avaient regardée ensemble, pauvre petite.
C'était un bien joli paysage.
Tiens, c'était curieux, elle n'avait jamais remarqué ces empreintes de pas le long de l'eau.
Un sourire vint malgré elle à ses lèvres, et elle éteignit l'appareil."
Geneviève Murrey, Les Contes de Hauteclaire
In Contes de Noël, "La plage", p.81
Geneviève Murrey
Les contes de Hauteclaire (Recueil)
Chez Lulu.com, 2011
La première histoire est sur le blog de Hauteclaire et vous pouvez la lire ici (clic)
De vous à moi