Joëlle Chen a posté aujourd'hui, chez elle, un interlude.
Elle le fait de temps à autre, comme il m'arrive de vous laisser des articles d'attente, quand je dois m'absenter.
Jusque là, tout va bien, et il n'y aurait pas de quoi écrire un article si...
– Si ?
Si l'image qu'elle nous montre n'avait déjà fait l'objet, dans la bibliothèque, d'un début d'histoire...
– D'un "début" ? Comment ?
Tu as commencé une histoire que tu n'as pas terminée ?
C'est à dire que...
– Pas un mot ! C'est une spécialité quichottinienne de commencer sans jamais terminer... Tu te souviens ? Il y a, dans la bibliothèque, des milliers de page maintenant...
Non, pas des milliers. Juste 951 articles publiés. Ce sera le suivant...
– Sans compter ceux que tu as encore dans tes brouillons, qui attendent sagement que tu les remettes en chantier...
Pas "en chantier"... plutôt "sur le métier".
– Tu fais de la tapisserie ?
Non, pas plus que de la pâtisserie* d'ailleurs.
(* Clin d'œil à Marcel Amont et à Mouloudji, "Julie")
J'écris, ici, des histoires à dormir debout pour lecteurs insomniaques...
– Pas vrai. Tes lecteurs ne sont pas tous insomniaques.
C'est vrai... Mais la plupart du temps, je programme mes billets pour qu'ils sortent à minuit sur ma page d'accueil.
– Minuit... ou un peu plus tard... Les derniers temps, ils sont publiés n'importe quand. Il t'arrive même de les écrire tellement tard qu'ils ne paraissent qu'en fin de journée, comme les
éditions du soir de certains quotidiens.
Mais là... nous nous éloignons du sujet !
Il était question de Joëlle et de son interlude...
Vous l'aviez déjà vu, ici, c'est un moulin.
– Un moulin ? Tu en as plein en attente dans tes archives !
Oui... mais celui-ci, je devais vous en raconter l'histoire...
– Et tu ne l'as pas fait ?
Non. Hélas !
– Pourquoi "hélas" ?
Parce que...
– Ce n'est pas suffisant !
Je comprends que vous soyez fâchés... Voyez-vous, ce moulin, était tellement...
– Joli ? Merveilleux ? Magnifique ? Extraordinaire ? Fantastique ?
Tu as d'autres adjectifs pour qualifier cette image ?
C'était un moulin "spécial", parce qu'il me montrait la petite maison qui s'était installée à son pied.
Regardez !
Lorsque vous l'avez vu ici, la première fois, j'avais écrit sous la photographie :
Moi, je trouve que ça ressemble à un moulin de contes de fées... Dans la petite maison, à gauche, vivent deux enfants... très différents. Ils s'appellent...
Quichottine
"Blogopotes et copinautes", 19.09.09
– C'est tout ?
Eh oui ! Et c'est ça le problème...
– Pourquoi ?
Parce que je ne sais plus la suite !
– Ce n'est pas grave. Tu n'as qu'à demander à tes blogopotes et tes copinautes de t'aider à la raconter. D'autant que tu n'as pas vraiment rempli ta boîte à rêves en janvier. Ce sera pour eux une
bonne façon de se faire connaître à tes nouveaux visiteurs. Ils ne savent rien de Cali, de sa communauté aujourd'hui disparue. Certains croient que tu ne fais que prendre des images pour en faire des
histoires à dormir debout, ou à coucher dehors, au choix.
C'est vrai... Ils ne connaissent pas nos "grandes histoires", celles que nous écrivions ensemble, vous et moi... Alors, si je vous demande des idées pour la suite, des morceaux de dialogue, des
rencontres possibles... Vous m'en donnerez ?
L'histoire pourrait commencer ainsi :
On dit...
On dit que loin, très loin, là-bas...
Là où le soleil brille et fait chanter le vent, un vieux moulin de pierre attendait sagement.
Il avait vu passer des centaines de chevaliers, tous plus courageux et fiers que ceux qui les avaient précédés.
Il les avait toujours ignorés, au grand dam de ceux qui espéraient trouver la gloire en abattant des géants.
Il se contentait le plus souvent de remuer un peu ses ailes, et de faire grincer ses rouages.
Les chevaliers tournaient bride et lui, doucement, reprenait la chanson qu'il murmurait, tout spécialement, pour les deux enfants du meunier.
C'était une berceuse...
Deux enfants : Elle et Lui... Il les nommait ainsi dans son rêve tendre, et il chantait pour eux, seulement pour eux, des airs anciens dont eux seuls comprenaient les paroles.
...
Voilà... Le décor est dressé. Un moulin, deux enfants, une chanson...et des mots à trouver.
Vous me les écrirez ?
...
De vous à moi