Dimanche 19 février 2012
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Dans la bibliothèque désormais déserte – ou presque – Quichottine venait d'ouvrir une fenêtre...
Ce n'était pas n'importe laquelle : c'était celle des jours heureux. Elle ne montrait que du ciel bleu et du soleil.
Vous saviez qu'elle existait ?
Pas très loin de là où vous vous trouvez, au bout du couloir qui sépare la salle de lecture de la pièce-à-côté.
On pourrait – de loin – la croire condamnée, grillagée... mais il n'en est rien.
Simple illusion d'optique.
C'est un passage, un de plus, mais qui demande plus d'investissement personnel que beaucoup d'autres.
Certains resteront de ce côté, à l'abri des mauvaises surprises. Ce faisant, ils se préservent aussi des bonnes...
D'autres y feront quelques pas, pour ensuite revenir en arrière au plus vite, déçus – parfois – ou affolés devant les nouveautés qui s'y trouvent. Pas toujours appréciées à leur juste
valeur. Il faut du temps, comme pour tout.
Et, quelques uns décideront d'explorer chaque recoin, d'effacer les ombres, de mettre en valeur la lumière, même s'il faut pour cela déplacer quelques fantômes du passé, ou abandonner quelques
rêves.
Devant cette fenêtre, Quichottine réfléchissait.
Elle songeait à ces près de quarante années de vie commune qui avaient suivi ce "Oui" prononcé à la mairie, renouvelé dans le cadre austère d'une antique collégiale, quelques heures plus tard.
Ce jour-là, elle avait promis – comme sa petite dernière venait de le faire en ce samedi de février – et même si sa vie n'était pas un conte de fée, même si elle n'était pas un
personnage de roman, elle avait su garder intact le plus important.
Le plus important ?
Quichottine avait longuement médité avant de décider de ce qui l'était vraiment. Était-ce cet Amour, celui qu'elle écrivait avec un "A" majuscule, celui qui résiste à l'usure du temps, qui se conjugue au présent
chaque jour, qui se mêle d'amitié et de tendresse, de confiance, d'estime, d'admiration... de tous ces mots qui disent le plaisir d'être ensemble... pour le meilleur, mais aussi pour le pire ?
Allait-elle ressortir pour sa fille les "conseils" qu'elle avait proposés à la suite d'un défi ?
Le plus important ?
C'était l'envie, l'envie de réussir le voyage, une fois embarqués sur le même navire, d'affronter à deux les tempêtes, de savoir qu'il y a toujours au moins deux façons de regarder une image et
qu'aucune n'est la meilleure.
Elle avait écouté deux jeunes gens échanger leur promesse, et une phrase s'était imposée, celle de la foi en l'avenir.
Quel que soit ce lendemain qui vous attend, souvenez-vous, toujours, que même sous la pluie la vie peut être belle... il suffit pour cela de savoir que l'on peut alors marcher sur les nuages.
...
Un clic sur chacune de ces images vous la montrera sur sa page originale, chez son auteur.
Merci à Parisianne et Félix.
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De vous à moi