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Il ne sert à rien de s'abîmer les yeux... (sourire)
Mercredi 14 mai 2008
Je cherchais une histoire, une histoire à vous raconter...

Alors, j'ai fouillé dans mes archives, parce que je suis un peu paresseuse en ce moment... je crois que j'ai un peu trop à faire, comme vous tous.

Pensée... de Quichottine
Le jardin fleurit, les mauvaises herbes aussi, et les pensées vagabondent ici ou là, marquant les journées trop courtes de rêves un peu fous. Il paraît que c'est ça le printemps !


Histoire de Sans-Voix et Sans-Oreille

Sans-Voix et Sans-Oreille formaient un couple parfait. Si elle ne pouvait parler, il ne pouvait entendre : ils n’avaient pas de problème de communication. Ils coulaient des jours tranquilles dans leur pavillon de banlieue. Sans-Oreille partait chaque matin pour son emploi de fonctionnaire ponctuel tandis que Sans-Voix s’occupait de son intérieur propret et sans originalité. Ils n’avaient pas eu d’enfants car ils pensaient que les enfants sont sources de malentendus. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles…

C’est alors qu’IL arriva dans la maison, sombre et majestueux. IL passa quelque temps dans l’entrée : on ne lui avait pas trouvé de place. Sans-Voix et Sans-Oreille ignoraient les rapports qu’IL instaurerait entre eux. IL était là, imposant, et sa prestance les troublait. Elle le fit entrer dans le salon. Il semblait à Sans-Voix qu’IL pourrait s’adapter à leur façon de vivre. Elle passait de longs moments, seule et immobile, à l’admirer, elle hésitait à l’approcher… comme un rêve dont la réalisation aurait été trop longue. Son mari n’y voyait pas de mal et continuait à suivre son petit bonhomme de chemin : il partait le matin et rentrait le soir, trouvait son repas prêt comme d’habitude, son journal, ses pantoufles. Pour lui, rien n’avait changé.

Mais peu à peu, Sans-Voix s’enhardit. IL lui parut moins inaccessible. Elle osa LE toucher, doucement d’abord, étonnée de LE voir rompre le lourd silence de la villa. Elle l’écouta et sa voix résonna merveilleusement à ses oreilles… Son mari ne lui avait jamais parlé : à quoi bon puisqu’elle ne pouvait lui répondre ? Une tendre complicité s’établit progressivement entre Sans-Voix et l’intrus du salon. Elle passa de plus en plus de temps avec LUI, trouva dans ses doigts des mots pour tout dire, ses chagrins, ses désirs, sa solitude désespérée. Et LUI, sans arrêt, répondit à son attente, la charma de sa voix mélodieuse. Elle oublia tout de la monotonie de sa vie d’épouse et s’oublia jusqu’à sourire, jusqu’à rire…

Le jour où Sans-Oreille rentra pour la trouver radieuse dans le salon, assise devant l’Autre, inattentive à ses propres désirs, il comprit tout. Il sut que plus jamais il ne pourrait lui faire confiance… Elle l’avait trompé toute la journée, à aucun moment elle n’avait pensé à lui qui pourtant travaillait dur pour subvenir à leurs besoins, pour payer cet Autre qui lui prenait tout. La jalousie l’aveugla. Il saisit cet intrus qu’il ne pouvait plus supporter et en frappa Sans-Voix…

Le lendemain dans le journal, en première page, chacun put lire que Sans-Oreille avait tué Sans-Voix, d’un coup de piano, là, juste entre les deux yeux.


[Cette histoire bénéficie d'un copyright
Elle a été publiée dans un recueil de nouvelles en 1989
Merci de ne pas la copier sans mon autorisation]


par Quichottine publié dans : Le tiroir aux secrets
communauté : Aux portes de l'imaginaire ajouter un commentaire commentaires (77)   

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Dessous, l'adresse de votre blog. Ce n'est pas obligatoire, mais ça permet de créer des liens, de savoir où l'on peut vous retrouver.
Et puis ensuite, ce que vous avez pensé... Ce peut être très court... ou un peu plus long, selon le temps dont vous disposez.

Voilà, il ne vous reste plus ensuite qu'à recopier le code qui permet seulement de vérifier que nous n'êtes pas un robot... un extra-terrestre... enfin je ne sais quoi qui pourrait aussi venir me visiter...

Parfois il n'est pas simple à voir, mais si l'on se trompe, le code change... et il suffit de copier le nouveau.
Et puis enfin, vous envoyez le commentaire et j'y réponds.

Quichottine

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