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Tu arrêtes de nous quichottinauder ?
Quichottinauder : verbe transitif direct.
On quichottinaude quand on taquine Quichottine ou quand on est taquiné(e) par Quichottine.
(Il fallait bien expliquer le pourquoi d'un synonyme...)
2 mai 1968, 12h30.
C'était un jeudi.
J'étais planté devant la vitrine du marchand de télévisions... Cazeneuve, il s'appelait. Serge Cazeneuve. Je le connaissais, Il habitait pas très loin de chez moi, à la cité des Acacias, un quartier populaire. Un bon gars, travailleur et tout... Il avait ouvert son commerce quelques mois plus tôt. Des télévisions. L'avenir.
Les yeux plissés, j'essayais de contourner les reflets. Derrière la vitre, sur l'écran neigeux, les images en noir et blanc montraient des CRS harnachés, cachés sous des boucliers ; le parvis envahi de la fac de Nanterre, des rues que je ne connaissais pas. Je voyais des jeunes courir dans tous les sens ; avancer, reculer; s'arrêter, s'éparpiller... Je les trouvais bien habillés... certains portaient des foulards sur le visage, d'autres balançaient des trucs en direction des policiers. C'était un peu confus.
Je regardais. Fasciné. Les mains au-dessus des sourcils, collées à la vitre, je laissais voguer mon imagination... là-bas... dans cet endroit magique où tout semblait si différent, tellement brûlant et flamboyant. A l'étroit dans mes dix-sept printemps, je vivais par procuration une sorte d'appel assourdissant, qui s'imposait à moi comme une évidence. [...]
Moi, tout petit lycéen de terminale littéraire d'un lycée de province quelconque... En fait, je n'étais rien. Je l'avais réalisé depuis pas mal de temps et je m'en rendais compte un peu plus chaque jour. Fils d'un modeste éboueur et d'une femme de ménage, je ne comptais pas ! Depuis longtemps j'avais ressenti mes différences, mes absences de privilèges, la suspicion qui m'entourait quand je m'adressais aux nantis... Intellectuellement, ça m'énervait. Globalement, malgré tout, je m'en foutais. Je cultivais même cette nonchalance distante... Elle m'aidait à repérer les intrus, les faussaires, les pseudos-intellos et les faux poètes de la révolution.
Et maintenant, je rêvais de me frotter aux aristocrates psychédéliques et autres marionnettes hautaines que je voyais parader dans la télé de mes voisins... Oui, j'en rêvais.
Lundi 6 mai, 6h15.
J'ai vendu mes bouquins, porté mes maigres fringues au "surplus", retiré mes économies de mon livret, emprunté à Denis, à Nicole, mendié presque... Mais je l'avais enfin : un billet de train !
Un billet pour Paris...
Il y avait beaucoup de monde et une odeur bizarre. Après, j'ai compris que c'était l'odeur de Paris. Je la reconnaissais, comme on reconnaît l'odeur de la fille qu'on aime quand elle a mis du patchouli...
Ça m'a fait un choc ! J'avais l'impression d'être à l'extérieur de moi-même... j'avais déjà eu du mal à trouver la sortie. Compressé, balloté, emporté, je serrais contre moi le sac de sport dans lequel j'avais fourré tous mes trésors : un jean propre, trois chemises, mes deux slips et des chaussettes... Le briquet Zippo aussi, inutile bien sûr, avec un vieux sac de billes qui me sert de trousses de toilette. Et puis, un porte-cartes avec les photos de mes parents... et celle de Nicole qui dépasse dessous. Un livre de San Antonio et le "Candide" de Voltaire, pour faire bien... J'ai glissé mes économies entre les pages... de quoi tenir quelques jours.
J'ai aussi convaincu Bilou de me prêter ses "clarks". Ils sont un peu petits et j'ai mal aux pieds. [...]

(site web) le: 02/05/2008 23:32:39
Chère Quichottine. Je suis toujours assez sceptique en matière de littérature, mais je dois dire que tu m'as convaincu, ce bouquin a l'air génial !
Je décide donc à l'unanimité de l'acheter, de me le faire offrir ou de le voler, afin de connaître les sensations dont tu nous parles avec tellement de talent...
(Excuse, ma modestie s'est pris les pieds dans le tapis de ta bibli... je préfère la jouer incognito. Chuuuttt !)

bye



Passes un bon week end Quichottine.
Pour ce qui est des pommes de terre on les cueille 90 jours après leur plantation (en juin) et ensuite au noir elles se conservent bien, bien spur il ne faut pas qu'eles prennent l'humidité.
(site web) le: 03/05/2008 15:10:54 
bonne nuit, Eolina...
bye


(site web) le: 04/05/2008 10:33:19
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Dessous, l'adresse de votre blog. Ce n'est pas obligatoire, mais ça permet de créer des liens, de savoir où l'on peut vous retrouver.
Et puis ensuite, ce que vous avez pensé... Ce peut être très court... ou un peu plus long, selon le temps dont vous disposez.
Voilà, il ne vous reste plus ensuite qu'à recopier le code qui permet seulement de vérifier que nous n'êtes pas un robot... un extra-terrestre... enfin je ne sais quoi qui pourrait aussi venir me
visiter...
Il faut aller là :
http://pb-r.over-blog.com/categorie-10344642.html
Et ça, c'est le bonus pour ceux qui ouvrent les commentaires... ;-)