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Personne ?
Je m'en doutais...
Ben alors, Quichottine !
Pourquoi est-ce que tu nous le sors de tes étagères celui-ci ?
Si tu n'as pas envie de nous en parler, ne le fais pas !
- Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat...
- Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu'il y a dedans... Je ne la déplore pas moi... Je ne me résigne pas moi... Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu'elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c'est eux qui ont tort, Lola, et c'est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir.
Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force.
Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C'est un roman, rien qu'une histoire fictive. Littré le dit, qui ne se trompe jamais.
Et puis d'abord tout le monde peut en faire autant? Il suffit de fermer les yeux.
C'est de l'autre côté de la vie.
"progression → gagner sa vie → attitude du condamné à mort qui va être fusillé → échapper à la mort."
Quand on n'a pas d'imagination, mourir c'est peu de chose. Quand on en a, mourir c'est trop.
La grande défaite, en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches.
Je ne connaissais que des pauvres, c'est à dire des gens dont la mort n'intéresse personne. (p.69)
Mentir, baiser, mourir. Il venait d'être défendu d'entreprendre autre chose. On mentait avec rage au-delà de l'imaginaire, bien au-delà du ridicule et de l'absurde, dans les journaux, sur les affiches, à pied, à cheval, en voiture. Tout le monde s'y était mis. C'est à qui mentirait plus énormément que l'autre. Bientôt il n'y eut plus de vérité dans la ville. (p.74)
C'est le délai qu'il nous faut, deux années, pour nous rendre compte, d'un seul coup d'oeil intrompable alors, comme l'instinct, des laideurs dont un visage, même en son temps délicieux, s'est chargé. (p.103)
En somme, la mort, c'est un peu comme le mariage. (p.417)
La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde, c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer, moi.
Céline vivant ! et Hommage de Vargas LLosa à Céline [...]
(site web) le: 22/04/2008 06:27:09 
dom
Bonjour,
(site web) le: 22/04/2008 09:55:34
(site web) le: 22/04/2008 10:25:34
Ce livre figure également dans ma bibliothèque en attente d'être lu...un jour peut-être...
Bises et bonne journée Quichottine !





Lire c'est voyage...
Et tu m'emmènes en voyage à chacun de tes articles!

je suis très touché par ta nostalgie, quichottine. Nostalgie qui me semble tout à fait juste, comme quoi, rien qu'un livre et quelques notes peuvent faire resurgir ses fantomes ainsi que de vieux souvenirs qui rendent de l'amertume, je trouve que ton témoignage porte une sublime beauté aux notes nostalgiques.
bisous et bonne lecture!!
juju
Comme promis avant de partir pour cette semaine de farniente dans notre cité d'Epinay voici ce texte commentaire sur Céline... Pas bien sûre qu'il soit utile à quoi ou à qui que ce soit mais sans écrire l'écrivaine que je suis se sent totale rien du tout donc voilà pour qui aimerait savoir ce qu'est l'écriture de cet écrivain dans la petite expérience de quelqu'un qui gribouille...
Et puis y a trop de poncifs et de donneurs de leçons concernant cet homme qui a été le bouc de toute une génération et ça dure... moi j'aime pas les redresseurs de torts ni d'autre chose d'ailleurs ce qui est vivant est toujours joliment tordu !
A part cette bafouille dont tu feras ce que tu voudras je serai peut-être un peu absente moi aussi ces jours-ci car à mon retour j'ai eu la surprise extra de trouver la boîte à documents de mon ordi absolument déserte comme un champ après l'incendie et vu que comme tous les gens qui écrivent pas mal je n'ai pas toujours la pensée de préserver mes textes sur le disque dur externe j'ai bien morflé...
Mon bouquin en cours nottament dont j'avais pas mal travaillé et retravaillé les pages a disparu sous sa forme récente corrigée ainsi que pas mal de textes qui sont heureusement sur papier vu que j'écris avec feuilles et stylo mais faut tout saisir à nouveau... bon...
J'aime pas et je ne vois pas qui aimerait d'autant plus que je ne sais pas à quoi est due cette surprise de Mai et va me falloir un peu de répit bien que je sois une obstinée pour m'y remettre... Mais je te remercie de ton message du 1er mai qui m'a fait du bien et beaucoup de plaisir... A toi aussi que ce mois soit celui de la vraie poésie rebelle et tendre et que nous retrouvions un printemps solidaire et rouge de roses sang et feu pour nos rêves... Alors à bientôt. Dominique
Louis-Ferdinand Céline " Au commencement était l'émotion "
Dire ce que Céline ma apporté à moi qui écris et qui ai décidé un jour d’en faire un métier en revendiquant le côté tellement artisanal de ce job qui n’a rien de quelque chose d’intello coupé du réel ou quoi… et qui a tout du graveur d’eaux-fortes avec son burin sa pointe-sèche et son moindre détail près c’est dire d’abord que l’écriture qui a l’air d’être l’art le plus abstrait c’est pour moi l’art le plus sensible sensuel et émotif qui soit…
Et donc en disant ça au départ de ces quelques lignes qui n’sont rien qu’une façon parmi des milliers de se frotter à Céline vu que des bouquins sur lui y en a des kilomètres c’est pour moi faire référence aux deux écrivains autour desquels je tourne en aboyant comme un chien foi ouaouf ! ouaouf !… Céline et Bukowski… Cette petite bafouille au sujet d’une des multiples facettes de Céline n’a rien d’exhaustif j’aurais pu écrire des tas d’autres choses je l’ai fait je le ferai… là ça s’est présenté comme ça et peut-être que ce bout de mon expérience peut vous intéresser… peut-être ou peut-être pas…
Pour celles et ceux qui ont envie de retrouver des extraits des bouquins un résumé biobibliographique des commentaires pas bêtes du tout pour mieux connaître le bonhomme et des photos vous pouvez vous procurer à pas cher le livre Découverte Gallimard n°407 “ Céline ‘ Ça a débuté comme ça ” de Pascal Fouché qui est vraiment sympath et pas redoutable du tout à lire…
Autre petit bouquin que j’adore et qui fait le tour d’un des aspects de Céline facile à aborder tendre et malicieux c’est celui qui raconte l’épopée incroyable du chat Bébert accompagnant Céline et sa femme Lucette ainsi que l’acteur Le Vigan à l’intérieur de la superbe et pourrie musette que Céline va garder durant toute son Odyssée en Allemagne et au Danemark pendue sur la poitrine : Bébert le chat de Louis-Ferdinand Céline de Frédéric Vitoux aux Cahiers Rouges de Grasset 1976.
“ Témoin fidèle et rédempteur, ce gros chat de gouttière tigré deviendra aussi un héros de romans, puisqu’il apparaît dans Féerie pour une autre fois, Normance et surtout après sa mort dans D’un château l’autre, Nord, et Rigodon. ” A peine un an après le retour à Meudon où Céline finit sa vie humaine mais pas sa vie littéraire à laquelle Bébert donne l’image de l’amour qu’il portait aux animaux leur dédicaçant d’ailleurs Féerie pour une autre fois ce compagnon fabuleux dont la présence ainsi que celle de sa femme Lucette a soutenu l’écrivain dans sa cellule de la prison de
C’est à partir de là qu’il devient ce que F .Vitoux appelle un “ Chat de papier ” le double silencieux qui n’existe qu’à travers tous ces voyages ces errances car l’œuvre de Céline c’est sa vie tragiquement épiquement somptueusement mise en musique en rythmes en mots en conteries…
Pour celles et ceux qui aimeraient en découvrir d’autres fragments ou se plonger à fons dans une des œuvres essentielles du 20ème siècle moi je conseillerais la “ trilogie ” de l’épopée allemande et danoise D’un château l’autre, Nord, Rigodon tous en L de Poche et pour connaître l’homme ses amours ses rêves ses voyages ses aventures et ses rencontres il y a la bio du même Frédéric Vitoux La vie de Céline Ed. Grasset mais aussi en L de Poche…
Enfin l’ami Louis et moi on vous a raconté dans notre blog des Cahiers des Diables bleus notre “ Voyage à Meudon ” et la balade qui nous a trop émus bouleversés touchés au Cimetière du Haut Meudon où un des plus grands écrivains du 20ème siècle est enterré entre le ciel de la banlieue qu’il aimait et les boucles de
Dans ce petit cimetière où la ville et les habitants de Meudon ont bien voulu de lui Céline dérive tel un bateau ivre sans la moindre plaque à l’entrée… on a pensé Louis et moi que c’était pour éviter ce qui est arrivé à la tombe de sa mère Marguerite Guilloux morte avant qu’il ait pu la revoir alors qu’il était au Danemark et inhumée au Père-Lachaise que de méchants cons ont grattée pour en effacer le nom et la trace…
Mais Céline n’est pas seul car dans le cimetière du Haut-Meudon des tribus de chats vagabonds gras hirsutes et aussi ensorcelés et fidèles que Bébert viennent régulièrement lui rendre visite et jouer parmi les allées désertes tandis que quelques errants humains Indiens fouillant les plages d’océan de leurs pas de fantômes tendres et hagards simples poètes du quotidien songeant à l’enfant du Passage Choiseul qui rêvait d’autres horizons que celui de cette “ cloche à gaz ” et qui leur a offert la plus grande cérémonie humaine de ces temps avec grandeur et générosité apportent chaque été aux premiers jours de juillet des cailloux ronds et doux qu’ils déposent là comme des signes de reconnaissance… Et chacun sait bien que dans la langue celte ces cailloux posés sur une tombent signifient : tu es vivant…
Céline c’est d’abord une voix sur France-Culture qui lit le début de Voyage et là je tombe en arrêt c’est qui cette voix douce et terrible avec la diction et l’accent des Faubourgs celle d’Arletty sa grande amie elle aussi née à “ Courbevoie Seine ” ?… Cette voix qui dit un texte que je ne connais pas et qui m’explose tout d’suite avant que je l’entende par un autre de ses grands poteaux Michel Simon : “ t’es rien con Ferdinand !… ” Cette voix de la banlieue déjà encore toujours…
Et voilà je suis rentrée dans l’écriture de Céline par ce qui me touche le plus dans l’écriture en général ce qu’il appelle “ sa petite musique ” par l’oralité moi qui m’inspire du travail des conteurs africains des diseurs je suis tombée sans rien en connaître à l’époque sur le plus grand et le plus fou des metteurs en mots de la langue orale… Céline… Loui‑Ferdinand… Ferdine… le Docteur Destouches… chez lui tout va me percuter plein vol et c’est par lui que l’écriture m’arrive comme un cadeau asréroïde à grande vitesse qui m’éclate entre les pattes… “ Au commencement était le verbe… non… au commencement était l’émotion… ”
Comment dire mieux quand ce ressenti-là est si fort si violent que seule la création permet de vivre dans cette démesure… comment dire mieux quand il y en a tant et tant qui vous tartinent du verbe sans émotion et qu’avec Céline j’apprends vite fait qu’en deux ou trois mots simples on peut tout “ miraginer ” : “
Céline c’est d’abord l’enfant de Courbevoie né Rampe du Pont à laquelle il tient très fort et qui va faire de lui le médecin de la banlieue celui qui durant les périodes de sa vie où il ne voyage pas d’aventure en mésaventure soigne les gens pauvres ces gens du peuple dont il refusera toujours même quand il aurait eu besoin d’accepter de se faire payer… Ouais… Céline c’est avant tout le Docteur Destouches celui du dispensaire de Clichy entre autre pour qui la vocation de soigner et de venir en aide aux humains comme ça “ parce que je me disais que s’ils avaient moins mal alors ils seraient peut-être moins méchants… ” est bien plus essentielle que la littérature…
Le Docteur Destouches dont les premières études et l’intérêt obstiné qui le mèneront à passer sa thèse sur La vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis tournant autour de la mortalité des femmes en couches liée au manque d’hygiène se retrouvent ensuite dans sa façon de soigner les gens en se mettant à leur portée et en leur prodiguant des conseils simples effaré qu’il était devant la misère la saleté l’ignorance dans lesquelles on laissait volontiers vivre une population d’ouvriers et de petits employés après la première guerre… Il aura pour ceux qu’il visite constance dévouement et compassion dont ils ont été nombreux à témoigner…
Un des derniers articles médical de Céline qui s’attachera à soigner ceux qui l’entourent quels qu’ils soient où qu’il se trouve dans les situations les plus ahurissantes où il se met lui-même souvent comme c’est le cas au Château de Siegmaringen quand il est mêlé à la clique du gouvernement Pétain en fuite et sans porter de jugement sur ses patients… ce dernier article est une enquête sur le chômage qui lui a été commandée par
Partout où il ira comme au cours de son périple en Afrique en 1916 Céline se sentira pris par le désir de soigner et il n’hésitera pas à acheter de sa poche lui qu’on taxe de rapia fini médicaments seringues aiguilles… et ce dont ne se ventent pas non plus les hauts parleurs de ce pays fort colonial qu’était
Fascinant Docteur Destouches et fascinant Céline ce Breton qui ne rêve que de ports de bateaux d’embarquements et de “ Voyages ” qui ne peut vivre sans partir bouger expérimenter s’émouvoir et surtout ce qui va hanter toute sa vie se battre contre avec face à la mort… Toutes choses dont on ne nous cause jamais alors que de l’antisémitisme de Céline alors là… quelle bonne conscience générale on se fait depuis 60 piges vis-à-vis des Palestiniens avec ça par exemple ! Cent mille ragoûts cent mille soupes cent mille potions magiques ouais…
L’antisémitisme de Céline qu’on nous foute enfin la paix avec ça qu’on nous lâche les baskets dans ce pays où le racisme ordinaire sévit à tous les coins de rues dans toutes les cités de banlieue sans déranger personne et où on pourrait croire qu’on a tondu à la libération assez de femmes ayant été dénoncées par de braves gens tout aussi braves que ceux qui dénoncent les gamins des cités aujourd’hui mais elles ça n’était pas pour avoir volé un sac de bonbons c’était pour avoir couché avec l’occupant… mais non ! on en a pas assez de cette morale-là faut encore et encore…
Toute l’existence de Céline l’homme et l’écrivain s’est nouée à 20 piges quand il a vu comme il le raconte dans Voyage défiler un régiment juste avant la déclaration de guerre en 1914 et que lui Ferdinand Ferdine Bardamu s’est précipité s’engager au 12ème cuirassiers à Rambouillet alors qu’il est encore complètement “ puceau de la vie ” et que la grande boucherie vient de s’annoncer… Cette première aventure va dinner d’ailleurs le texte fabuleux de Casse-pipe illustré avant Voyage et Mort à crédit par les dessins extra terrestres de Tardi… un texte où on voit apparaître le spectre de ce qui ne cessera pas de poursuivre Céline et qui est la clef de tout : la folie guerrière haineuse meurtrière des hommes et son désir à lui de l’empêcher à tout prix alors même qu’il est pris à l’intérieur du désastre de l’immonde de l’impensable…
Un p’tit extrait des Carnets du cuirassier Destouches publiés en 1952 chez Gallimard et rédigés en 1913 où on lit le désarroi d’un jeune garçon et cette sensibilité si contradictoire et farouche…
“ Au cours des élèves brigadiers pris en grippe par un jeune officier plein de sang, en butte aux sarcasmes d’un sous-off abruti, ayant une peur innée du cheval, je ne fis pas long feu, et je commençais sérieusement à envisager la désretion qui devenait la seule échappatoire de ce calvaire.
Que de fois je suis remonté du pansage et tout seul sur mon lit, pris d’un immense désespoir, j’ai malgré mes dix-sept ans pleuré comme une première communiante ( … )”
Dès le début de Voyage son grand récit épique de la guerre et de la mort Céline reprend cette idée qui l’obsède de la barbarie et de la méchanceté humaine qui lui tombent dessus et de cette folie du plaisir de s’étriper qu’il veut fuir de toutes ses forces cette peur horrible de la boucherie qu’aucune personne qui n’a approché la mort de cette façon-là ne peut piger…
“ La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas. Ça ne pouvait que continuer. ( … ) ‘Dans une histoire pareille, il n’y a rien à faire, il n’y a qu’à foutre le camp ’, que je me disais, après tout… Au-dessus de nos têtes, à deux millimètres peut-être des tempes, venaient vibrer l’un derrière l’autre ces longs fils d’acier tentants que tracent les balles qui veulent vous tuer, dans l’air chaud d’été.
Jamais je ne m’étais senti aussi inutile parmi toutes ces balles et les lumières de ce soleil. Une immense universelle moquerie.
Je n’avais que vingt ans d’âge à ce moment-là ( … ) Je me pensais aussi ( derrière un arbre ) que j’aurais bien voulu le voir ici moi le Déroulède dont on m’avait tant parlé, m’expliquer comment qu’il faisait, lui, quand il prenait une balle en plein bidon. ( … )
On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ? ( … ) C’est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu’ils disent, à ce qu’ils pensent. C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours. ( … )
Et puisque les événements prenaient ce tour, désespéré, je me décidais à risquer le tout pour le tout, à tenter la dernière démarche, la suprême, essayer, moi, tout seul, d’arrêter la guerre ! Au moins dans ce coin-là où j’étais. ”
Et voilà tout est dit… y’a rien à ajouter ni pour Céline ni pour moi… Céline tout au long de sa vie restera marqué tatoué blessé en plus de sa blessure physique au bras par ce refus absolu de la mort guerrière stupide imposée par d’autres et il fera tout y compris ses pamphlets que d’ailleurs ceux qui en causent n’ont pas lus vu qu’ils sont interdits à la publication y compris ses partis pris les plus fous ses départs multiples ses vagabondages ses délires ses haines pour l’empêcher puis pour la fuir pris dans la folie de ces images de boucherie que presqu’encore enfant il reçoit en plein corps en pleine âme…
La mort quand on est très jeune et bourré du désir passionné de la vie elle ouvre une cassure infinie dans laquelle seule la création peut-être permet de ne pas être complètement aliéné… que ceux qui ne s’y sont pas frotté se taisent enfin… Je connais je l’ai vécu autrement agitée comme un pantin ivre dingue par d’autres ficelles très destructrices celles de la family-life dont je ne vous causerai pas et à 17 berges j’avais la même horreur que Céline des militaires bornés de toutes les armées du monde des machines à tuer de la puissance des Etats et des peuples belliqueux menés par leur nationalisme bâtard… Y aurait tant à dire…
A 17 piges tous mes copains étaient insoumis au service militaire et à l’époque ça n’était pas une plaisanterie… les tribunaux militaires des forces armées les TPFA leur collaient trois ans fermes et on allait aux procès avec nos pancartes : Insoumission totale civile et militaire ! C’était un temps où on se ramenait la nuit avec des parpaings et du ciment prompt pour murer la porte du tribunal militaire où un poteau devait passer en jugement le lendemain… Les geôles de l’armée faut voir ! Céline était antimilitariste anarchiste et nomade sans pays sans Etat sans nation et qu’est-ce qu’il avait raison alors !
Tous ses bouquins racontent ça avec cette merveille de style qu’il a créé cette passion de vie libre sans dieu sans maîtres sans doctrines sans interdits sans hontes en expérimentant toutes les émotions possibles et en essayant de se protéger de la cruauté des hommes de leur méchanceté originelle de leur goût pour la guerre la puissance et le sang…
Lire Céline lire Bukowski c’est apprendre avant tout comme le dit Jacques Vergès dans le film de Barbet Schroeder L’avocat de la terreur que s’il y a un parti à prendre ce sera toujours celui de l’homme seul contre le groupe la masse l’Etat quel qu’il soit… C’est au fond infâme de cette solitude-là que la création frémit se rassemble bondit comme la toute petite farouche de lumière et qu’elle nous conduit à notre dignité humaine à travers les aboiements sauvages des chiens de la nuit… ouaouf !… ouaouf !…

IL y a quelques années que je l' ai lu.La personne de Céline je n' aime pas ,mais l' écrivain écris bien il faut quand même se faire au genre de style.Il faut le lire peut ête en parler avec quelqu'un pour un jeune.
Bon ce soir je lis Prévert la ce n' est que du plaisir.
Bonne lecture a tous et a demain Noisette.
A bientôt sur http://dany.enchine.over-blog.com/
Passe une belle journée, Dany !