Chère
Béa,
tu vois, je m'en veux un peu. Je me demande si je ne t'ai pas fait peur en parlant de
dilemme.
Je t'avais dit :
"Je pars en weekend, j'emporte ton roman, et, comme je n'emporte que lui, je pourrai t'en parler dès mon retour..."
Depuis le temps que tu attends !
Je sais bien... Même
Moâ a fait plus vite ! Il a déposé sur mon fil de discussion, sur le forum d'OB, le 3 avril dernier, un petit mot
:
" Fini, Lisabelle. J'ai aimé."
La brièveté du message était atténuée par l'un de ces petits bonshommes ronds et jaunes que l'on appelle "émoticônes". Celui de Moâ était affublé d'un énorme sourire... Mais oui, personne ne dit
qu'il aime si ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ?
Surtout que là, personne n'obligeait Moâ à donner son avis...
Mais moi, il fallait bien que je le donne. Je suis
bibliothécaire, c'est mon rôle. D'ailleurs, même quand je ne
dis pas que j'aime, il y a toujours, parmi mes visiteurs, des amis qui se dépêchent de lire pour venir me dire ce qu'ils en pensent.
Après tout, je ne suis pas vraiment "confirmée", moi, je n'ai pas un an d'existence, je dois encore faire mes preuves...
Alors, tu imagines bien que je me devais de lire, et d'oublier un peu qui tu étais, que tu faisais partie de mes "amies".
C'est pour ça que j'ai hésité avant de lire, mais ce n'est pas pour ça du tout que je t'ai fait attendre. Eh bien non, parce que tu vois, si ton livre n'avait pas été bon, je te l'aurais dit tout
de suite. Je t'aurais dit, en message privé :
"Béa, je t'aime bien, mais je ne peux quand même pas raconter des histoires à mes lecteurs... Alors, je ne parlerai pas de ton livre dans la bibliothèque, ne m'en veux pas..."
Ton livre est bon, très bon même.
Je n'ai pas vraiment l'habitude mais je pourrais dire qu'après tout il s'agit là d'un roman écrit comme un journal intime, au jour le jour... Tiens, ça me rappelle quelque chose, le
livre d'un
écrivain que j'aime bien...
Là, vois-tu, Béa, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire. Je me disais qu'elle faisait un peu autobiographie, même si je ne te connais pas, je t'imaginais comme ça, et ce n'est pas si facile
d'effacer des images.
Lisabelle... et cette petite chatte que j'avais tant de fois croisée sur ton blog... comment faire pour ne pas mélanger, pour ne pas se dire que
quelque part, Lisabelle, c'était toi ?
Alors, ce vendredi, je partais pour Nontron, une sous-préfecture qui, si elle n'était en Périgord, n'attirerait sans doute personne... On y mange très bien et les personnes qu'on y croise ont le
visage et la voix qui sourient gentiment, même lorsqu'ils parlent aux "Parisiens" de la banlieue, ceux dont je suis. J'avais à peine franchi les premiers kilomètres que je me penchais sur
l'histoire de Lisabelle. De temps à autre, j'arrêtais ma lecture, n'étant finalement pas très sûre de vouloir continuer. J'avais l'impression de rentrer dans une intimité, de franchir les portes
d'un monde qui ne m'était pas destiné. Arrivée sur l'autoroute, je n'ai plus cessé de lire. Tu avais fini de camper tes personnages, tu avais finalement réussi à me faire oublier les liens que
j'avais tissés avec celle qui pour moi sera toujours Béa, la petite
Béa Kimcat, celle dont l'avatar est un tout
petit chat blanc.
Lisabelle, j'aime bien.
J'aurais pu recopier ici le portrait que tu dresses en page 7... je ne le ferais pas. Je ne ferai que donner quelques exemples de rapprochements délicieux : "
épaisse comme une alumette
consumée", "
deux gants de toilette en guise de seins"... Je ne sais pas si ce portrait te ressemble (tu disais, le 4 septembre, que Lisabelle n'était pas toi mais celle que tu aurais
aimé être...) mais j'ai ri en le lisant. parce que cette façon que tu as de décrire tes personnages est si inattendue que l'on t'écoute en se demandant ce que tu vas encore inventer.
Lisabelle est journaliste et elle aime les chats... mais pas seulement eux. Elle aime aussi la musique, l'histoire et la littérature. C'est vrai. C'est comme ça que
je l'ai sentie au fil des pages, attentive à tout ce qui l'entoure, prête à jouer avec les mots, à mêler le vrai au faux, le réel au virtuel.
Elle vit tout intensément
! Alors, elle ne peut pas s'empêcher d'écrire ce qu'elle ressent, de parler de ceux qu'elle aime. Tout est cohérent. je m'attendais à trouver là, Jean de La Fontaine, Georges Sand,
Colette... ils y sont. Bien que ça n'ait pas grand chose à voir avec le roman, le personnage de Lisabelle ne se comprend pas sans ces lectures, et sans cette passion féline pour ce chat qui a tant
d'importance dans l'histoire que je ne peux même pas vous en dire deux mots.
Et puis, ne cherchez pas sur ma page d'autres extraits... Il y en a chez
Béa, depuis le premier article, celui du 4 septembre dernier
où elle assurait ne devoir parler que de son roman,
Lisabelle et où elle nous montrait son chat, un beau chat roux aux yeux verts,
Caramel.
Depuis cette présentation de la quatrième de couverture, le 11 septembre, j'ai compté une quinzaine d'extraits... Il vous suffira d'aller vous promener chez elle... Celui que j'aurais choisi est
là, parmi les siens.
Lisabelle est la combinaison de deux prénoms. Un mélange exquis. Avant ma naissance mes parents n'étaient pas tout à fait du même avis :
" - Ce sera Lise, disait Papa tout en dégustant un nougat dont il raffolait.
- Ce sera Isabelle, ripostait Maman qui détestait les nougats.
- Lisabelle, répondis-je de l'intérieur. "
Lisabelle était fin prête pour s'intégrer à un monde peuplé de livres et de chats.
Rédactrice de la rubrique " Le Chef-d'Oeuvre des Félins " dans une revue animalière, elle reçoit sur son ordinateur d'étranges messages qui ressemblent à des menaces.
Elle ne sait pas encore en ce mois de décembre 2006, à presque cinquante ans, qu'un homme plein de rancoeur sous l'emprise d'un amour dévastateur peut ouvrir la porte qui le conduit au crime...
Heureusement pour Lisabelle, Magalie, son amie virtuelle, et surtout, Caramel, son beau chat roux, veillent au grain.
Béatrice Riot, Lisabelle
Éditions Bénévent,
2008.
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