Un mot, ou deux... ou peut-être davantage, selon...
Vous savez bien que
Cali dit que je suis une incorrigible bavarde !
Pourtant, ce matin, je n'avais pas envie de parler, je n'avais même pas envie d'ouvrir un livre.... et vous ne le savez pas, mais quand la bibliothécaire n'a même pas envie d'ouvrir un livre, c'est
que ça ne va pas fort... ça va même très mal.
D'habitude, quand ça va mal, je prends un
Barbara Cartland... j'en ai toute une collection ! Et je dois dire que je l'ai commencée il y a très longtemps, par esprit
de contradiction, parce qu'on me disait que c'était de la "
sous-littérature", que je perdais mon temps !
Perdre son temps... Tenez, encore une chose qu'on me dit souvent en ce moment. Mais, maintenant, ce n'est plus à propos de mes Barbara Cartland, mais à propos du
blog. Normal. Il n'y a vraiment pas grand chose à faire avec ces mots que je jette sur mon clavier, pour me faire plaisir, pour essayer de vous faire rêver un peu à un monde où tout serait
possible... Je rêve, rien qu'avec quelques mots, une image... J'oublie.
Mon blog, pour moi, c'est ça : la possibilité de m'évader.
Après tout, vous ne savez rien de moi, je suis peut-être dans un hôpital, une prison, un asile... Je m'évade en venant vous parler, en venant vous dresser le portrait d'une "
douce" Quichottine. Pendant ce temps-là, je ne fais de mal à personne.
Au lieu de bloguer, je pourrais être en train d'assassiner quelqu'un, de commettre les pires délits, des
crimes abjects, comme d'autres le font impunément. Je
pourrais...
Mais non, voilà, j'avais décidé de proposer du rêve, de la douceur, ce petit coin de ciel bleu qui fait du bien lorsque tout est gris.
Quichottine, ce n'est pas
don Quichotte... loin s'en faut ! Je me contentais d'aller de l'un à l'autre, d'essayer d'apporter un mot, un sourire, un peu de
tendresse. Il m'est arrivé de me battre, oui, pour essayer d'éviter un départ qui ferait trop de peine, il m'est arrivé de secouer - plus ou moins gentiment - ceux qui voulaient
se laisser couler.
Mais, moi, je n'ai pas ouvert mon blog pour y refaire le monde. Je ne pourrais pas, même si je le voulais.
Alors, bien sûr, il y en a qui trouvent que certaines causes sont importantes, qu'il faut les soutenir. C'est vrai. Je pourrais transformer ma bibliothèque, relayer en première page les articles de
journaux, parler des atrocités qui se passent au
Tibet (mais pas seulement là... le génocide de populations entières, passé sous silence... faut-il parler aussi de
l'
Afrique ?)... Moi, je lis, j'écoute, et puis, il m'arrive de temps à autre de sortir de ma réserve pour écrire quelque chose qui ne ressemble pas à ce que j'écris
d'habitude.
Tiens... Quichottine a mis une couleur de fond dans son article, c'est joli... Ah oui, ce livre ! J'avais pleuré... Je l'ai lu, mais je ne me souviens plus...
Qui a lu, vraiment, mon article "
orange", celui que j'ai écrit après avoir cherché longtemps quel livre me
permettrait de parler de tout ça, mine de rien, comme je le fais toujours, sans avoir besoin de mettre les points sur les "i" ?
Pourquoi personne ne s'est-il demandé ce que venait faire la
Chine dans mon billet ? Pourquoi j'avais évoqué ces enfants que l'on traite comme les "orangers" de
Machado ? Pourquoi personne ne se demande-t-il jamais ce que veulent dire mes digressions ?
Je peins, je n'ai pas besoin de couleurs,
je n'ai que des mots. Je peins, à petites touches, en frôlant parfois à peine celles de mon clavier, parfois en tapant plus
fort... Mais ces mots que j'écris sont pour moi importants. La parole s'envole... mais pas ce qu'on écrit. Vous ne le saviez pas ?
C'est vrai...
un billet chasse l'autre, et, petit à petit, les mots qui nous semblaient importants tombent dans l'oubli.
Alors, oui, pour qu'un billet reste en première page, il suffit de ne pas écrire pendant un certain temps, pour que tous le voient, pour qu'il fasse son office, pour qu'il dise :
"Voilà, c'est ce que j'ai pensé, ce que j'ai dit avant de mettre la clef sous la porte pour un temps... disons, jusqu'au 8 août ?"
Il y a de quoi lire dans la bibliothèque, la porte reste ouverte... et puis, pour
Davy, qui est si gentil et que je ne veux pas
laisser tomber, c'est moi qui lui prêterai mes textes, s'il les veut, pour illustrer ses tableaux en attendant que je décide de revenir.
Pour l'instant, la bibliothécaire a des
bleus à soigner, de ceux qui font un peu trop mal...
Alors, le meilleur moyen que je connaisse, c'est d'aller visiter ceux de mes amis qui savent distiller du rêve, de la douceur, de la joie, de l'amitié, au fil de leurs mots et de leurs images.
J'irai chez eux continuer à écrire les mots qui ne seront plus là.
Ah oui... J'allais presque oublier... Je devais demain répondre au tag de
Bigornette...
L'optimisme...
C'est de croire qu'il suffit de dire pour être entendu.
C'est de croire qu'il suffit de penser pour pouvoir dire.
C'est de croire que la pensée peut être libre.
Merci de m'avoir écoutée...
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