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Il ne sert à rien de s'abîmer les yeux... (sourire)
Mardi 29 janvier 2008
Je sais qu'en ce moment ma lecture n'est pas très régulières... je vous comprends lorsque vous me regardez incrédules :
Comment ? Tu vas nous parler de ton grand livre, sans nous en faire un petit résumé avant ?
Don Quichotte par Gustave Doré
(Gravure de Gustave Doré)

Non, pas de résumé aujourd'hui, ce n'est pas nécessaire.  Ce que nous allons apprendre pourrait faire partie de n'importe laquelle des aventures passées ou à venir.

(Là, j'exagère tout de même un peu.)

Nous en étions au début du chapitre dix-huit de la première partie. Don Quichotte s'excusait presque de n'être pas venu au secours de son écuyer, Sancho Pança, alors qu'il se faisait malmener dans la cour de l'auberge qu'il avait prise pour un château par quatre méchants drapiers voyageurs...

(Je suis sûre que vous ne connaissiez pas cette nouvelle sorte de ramiers...)

Les excuses du chevalier... Sancho n'en a cure  ! La seule chose qu'il voit, qu'il sent, bel et bien, ce sont ses membres qui le font souffrir, sa tête toute endolorie, son corps qui lui rappelle qu'il n'est qu'un  pauvre paysan et non pas, comme son maître un chevalier errant, qui peut en un instant retrouver santé et vigueur...

Nous en étions . Sancho n'est pas content, il le dit, et il précise même ce qu'il veut !

(Je crois bien que le valet a tout compris
... ça arrive, parfois, que ce ne soit pas le héros qui ait raison.
Là, Sancho joue un nouveau rôle, celui de Jiminy, le criquet de Pinocchio.)

C'est la voix de la raison.

Quant à moi, ce que je tire au clair de tout ceci, c’est que ces aventures que nous allons cherchant nous mèneront à la fin des fins à de telles mésaventures, que nous ne saurons plus reconnaître quel est notre pied droit. Ce qu’il y a de mieux à faire et de plus raisonnable, selon mon faible entendement, ce serait de nous en retourner au pays, maintenant que c’est le temps de la moisson, et de nous occuper de nos affaires, au lieu de nous en aller, comme on dit, de fièvre en chaud mal, et de l’alguazil au corrégidor.

Il faut se rappeller que Sancho est en fait un brave paysan, qu'il a délaissé sa ferme, sa femme et ses enfants, pour suivre le gentilhomme sur les routes. Ce qu'il commence à ressentir, c'est qu'il n'en tirera aucun profit, et qu'il vaudrait sans doute mieux s'en retourner au logis. Ce n'est pas l'avis de Don Quichotte, vous pensez bien ! Il va lui faire un cours sur la chevalerie errante...

– Que tu sais peu de chose, Sancho, répondit don Quichotte, en fait de chevalerie errante ! Tais-toi, et prends patience : un jour viendra où tu verras par la vue de tes yeux quelle grande et noble chose est l’exercice de cette profession. Sinon, dis-moi, quelle plus grande joie, quel plus doux ravissement peut-il y avoir dans ce monde, que celui de remporter une victoire et de triompher de son ennemi ? Aucun, sans doute.

C'est bien ce que je pensais. Le chevalier ne trouve rien de mieux à dire que "Sois patient" ! Toujours la carotte agitée sous le nez de l'âne pour le faire avancer. Oui, mais Sancho est loin d'être un âne. Il n'a pas appris dans les livres, c'est certain, d'ailleurs, il ne sait pas lire, mais, il a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et surtout, ce corps qui depuis le début de leurs aventures n'a cessé de recevoir des coups !

– Cela peut bien être, repartit Sancho, encore que je n’en sache rien ; mais tout ce que je sais, c’est que, depuis que nous sommes chevaliers errants, ou Votre Grâce du moins, car je ne mérite pas de me compter en si honorable confrérie, nous n’avons jamais remporté de victoire, si ce n’est pourtant contre le Biscayen : encore Votre Grâce en est-elle sortie en y laissant une moitié d’oreille et une moitié de salade. Depuis lors, tout a été pour nous coups de poing sur coups de bâton, et coups de bâton sur coups de poing ; mais j’ai reçu, par-dessus le marché, les honneurs du bernement, et encore de gens enchantés, dont je ne pourrais tirer vengeance pour savoir jusqu’où s’étend, comme dit Votre Grâce, le plaisir de vaincre son ennemi.

Sancho est loin d'être sot, et il a bonne mémoire ! Il se souvient de l'aventure du Biscaïen.


(Grâce à lui, nous avions renconté un historien...
Non, pas Gabriel Hanotaux, non, celui-là, il n'est pas arabe, il est Académicien !
Je sais, ça n'a rien à voir !)


Nous avions rencontré Cid Hamet Ben Engeli, l'historien maure qui prend soudain la place de Cervantès pour nous parler plutôt cruellement de Dulcinée...

Sancho se souvient de tout ce qu'il a vu... Des moulins, et de tout le reste, et il ne comprend pas ce que son maître peut trouver de plaisir dans ces aventures qui pour lui n'ont ni queue ni tête.

C'est normal, non ?

Que feriez-vous en pareil cas ?
par Quichottine publié dans : Don Quichotte
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Et puis enfin, vous envoyez le commentaire et j'y réponds.

Quichottine

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