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Il ne sert à rien de s'abîmer les yeux... (sourire)
Mercredi 2 janvier 2008
Aujourd'hui, c'est mercredi.

Ceux qui sont venus m'attendre savent bien que c'est le jour des enfants, et que dans un tout petit moment, il n'y aura plus dans la bibliothèque que Clément le troubadour et les lutins de Quichottine, pour l'heure du conte.

Ils sont là tous les deux, un lutin vert, un lutin bleu... et Quichottine qui, grâce à Chana qui s'est révélée être le fruit du croisement improbable entre un chat roux, une sirène et un lutin vert, est sortie de prison.

Un juge, lundi, a brièvement statué et a décidé qu'aucun des indices trouvés n'était vraiment sérieux !

Même la photographie fournie par Le Bigorneau n'a pas semblé l'émouvoir.

Ah ? Vous ne l'avez pas vue ? La théorie avancée était que Quichottine fabriquait des lutins... Oui, c'est vrai ! Et qu'elle en avait plein dans la salle d'à côté... à la bibliothèque ! Vous imaginez la stupeur du magistrat lorsqu'elle mit sous ses yeux la photo que voici :


(Merci Le Bigorneau)

Il regarda Le Bigorneau avec tant d'incrédulité qu'elle se demanda un instant si elle n'avait pas fait la bêtise de sa vie en la lui montrant.

Le regard du juge allait de la photographie à la visiteuse... puis de la visiteuse à la photographie ! Une fois, deux fois, trois fois !
Mais c'est d'un air très convaincu qu'il finit par lui demander d'une voix courroucée :

- Madame ! Savez-vous ce que vous risquez en produisant un montage en guise de pièce à conviction ?

- Mais... Monsieur le juge, ce n'est pas un montage... C'est une photographie... Je vous assure que je les ai pris en flagrant délit d'occupation illicite des locaux municipaux... C'est vrai, ils étaient dans l'un des tiroirs de la bibliothèque... Le tiroir aux secrets !

- De mieux en mieux ! Vous avez en plus fouillé sans permission ? Sans mon autorisation... Vous savez ce que ça peut vous coûter ? C'est une violation de domicile... Dans le meilleur des cas !

- Mais... Monsieur le juge, je ne voulais violer personne... Depuis quand n'a-t-on plus le droit de photographier des lutins ?

- Mais ce n'est pas possible ! Vous ne savez donc rien ? L'article 2008 de la loi**** du  ...

Là, je ne vais pas donner tous les détails... il y a de quoi se perdre entre la loi, les décrets d'application dont un seul a été voté, les éléments de jurisprudence... Enfin, tout ces trucs impossibles dont le juge abreuva tant le Bigorneau qu'elle décida subitement de retirer sa plainte pour contrefaçon... de lutins !

Il avait fait entrer un autre témoin qui assurait à qui voulait l'entendre qu'il avait trouvé un petit lutin vert...

- J'ai même une photo !!! Regardez ! la voilà !!!!

(Merci, Eolina)

Le juge n'avait pas pu y croire un seul instant...Elle ressemblait trop aux personnages de contes ...
Vous savez ? Les histoires un peu folles qu'on lit aux enfants quand ils sont sages...

De même il écarta le témoignage du sieur Muad... celui qui avait interrogé le lutin vert après sa soi-disant "évasion"...

 

AFP : Paris le 23 décembre 2007 (7H00)
Archibald Jolifleur, l'échappé du bocal, témoigne : "Nous étions bien traités mais Madame Quichottine tenait à nous faire participer à de drôles de jeux ..."


(Merci, Muad)

Il n'avait pas cru à la possibilité de l'existence d'une sirène !  Un lutin, passe encore, mais un lutin qui accepte de participer à des courses d'hippocampes dans un aquarium pour les beaux yeux d'une sirène... Il ne fallait tout de même pas le prendre pour un idiot !

Un seul des témoignages sembla l'ébranler ...  Lorsque Martine, la rédactrice de Cergyrama, soutint  contre toute attente que Quichottine allait à Vélo dans les rues de Cergy et qu'elle y avait perdu l'un de ses lutins, alors qu'elle passait tout à côté de la statue de don Quichotte !

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(Merci, Martine)

Il faut dire que ça collait trop bien au personnage. Tout le monde savait que Quichottine laissait entendre qu'elle vivait à Cergy ! Tout le monde savait qu'elle ne jurait que par Don Quichotte !

Le juge avait donc confié la photographie aux spécialistes de la police scientifique... et Martine à un groupe de psychologues qui n'avaient rien d'amateurs. Il voulait déterminer s'il était possible que la photo soit un montage et que Martine ait inventé cette histoire, et dans quel but.

Le montage fut confirmé et, grâce à la perspicacité des psychologues, on découvrit un vieux litige entre Martine et Quichottine à propos de la disparition d'un des livres de la bibliothèque... Se quereller au sujet de L'écume des jours... Quelle idée !

Heureusement, l'intervention de Chana ne fut pas prise à la légère. Elle avait une grande notoriété dans le monde Obéïen et il était hors de question de ne pas tenir compte de son témoignage. De plus, l'agitation grandissait près de la bibliothèque et l'on avait vu jusqu'à soixante-dix personnes signer les pétitions ! Quand on pense que les visiteurs habituels ne laissaient généralement pas plus de trente à quarante signatures.... Il était vraiment plus que temps ! Il fallait mettre un terme à tout cela très vite !

Le juge signa le bon de sortie, fit de plates excuses à Quichottine qui était quand même restée plus que le temps règlementaire derrière des barreaux, et elle pu rentrer chez elle, en passant par la bibliothèque où elle constata que tout se passait bien. C'était la fête chez les lutins et plus personne ne songeait à sévader.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, dans la bibliothèque, il n'y a plus de policiers... Les inspecteurs ont rejoint chacun leur brigade, sauf Derrick et Columbo, qui espèrent rester incognito le temps d'écouter une nouvelle histoire...

Ce sera mercredi prochain....

... si vous le voulez bien !

Par Quichottine - Publié dans : L'heure du conte
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