La bibliothèque est ouverte tous les jours.
N'oubliez pas de regarder dans les modules qui entourent les billets.
Ici et là... Il peut aussi y avoir du changement.
Lorsqu'il n'y a rien de neuf,
vous pouvez vous promener dans les allées...
Ce n'est pas interdit, c'est même fortement recommandé.
Il y a actuellement 4578 personnes connectées à Over-Blog
dont 3 dans mes allées...
Pour
faciliter votre lecture, vous pouvez augmenter la taille des caractères en appuyant simultanément sur les touches Ctrl et +, autant de fois que nécessaire.Le petit peuple de la Forêt fait courir une légende… depuis près de mille ans ! Les lutins bleus ou verts se la racontent au coin du feu, le soir, au moment où tout s’endort.
On dit qu’il y a fort longtemps, dans le pays des géants qui ravagent tout sur leur passage, naquit un soir de la Saint Jean un
troubadour qui répondait au doux nom de Clément. Les circonstances de sa naissance, son enfance un peu triste au milieu de personnes
qui n’avaient que faire de ses histoires, sa jeunesse aventureuse, ses voyages qui le conduisirent bien loin de ses amours avec la
belle Aude, ses rencontres diverses, tout cela n’était rien…
Bien sûr, chacun des lutins présents aurait pu vous les raconter ! Mais, ils préféraient tous l’histoire des gisants !
Les gisants ? Mais oui ! Les lutins sont comme nous, ils aiment les histoires que l’on peut inventer !
Ah bon ? Ils devaient inventer l’histoire ? Mais pourquoi donc ?
Parce que…
Chaque année au coin du feu, un lutin bleu et un lutin vert venaient en raconter une autre… après avoir fait un pèlerinage… jusqu’à la pierre de Clément.
Ah ! C’est vrai, vous ne savez pas…
Clément, après des années de voyage, après des milliers d’histoires racontées à des dames, jouvencelles ou matrones (il n’avait parfois pas le choix de l’auditoire), s’installa dans une petite maison au toit de lauzes, à la sortie d’un village du cœur de la France. Il y resta longtemps, sans plus sortir, personne ne savait ce qu’il faisait. Ses voisins crurent qu’il était un peu sorcier, qu’il écrivait des grimoires… Ils voyaient parfois son ombre tremblante projetée sur le mur de la cuisine par la flamme d’une bougie.
La rumeur enflait, enflait… mais qui était-il donc ?
Clément en fut averti, un soir, par un ami de passage. Il devait remédier au problème sinon il finirait au bûcher !
Depuis lors, chaque jour, les passants purent apercevoir, assis sur la pierre de son seuil, Clément, le vieux troubadour, appuyé à sa porte… Il les observait de ses yeux noirs. Le manège dura des années…
Ce que les gens ne savaient pas, c’est que le vieux poète, perclus de rhumatismes, un peu gâteux aussi, avait oublié depuis longtemps les histoires qu’il racontait dans la grande salle des châteaux qu’il visitait ! Il avait vidé sa mémoire. La seule chose qu’il savait c’est qu’elles commençaient toutes par une même phrase "Il était une fois" et que la fin dépendait du sourire de la châtelaine et du regard du châtelain…
Un jour, il prit le petit couteau qu’il avait dans la poche (un de ces couteaux que l’on fabrique à Thiers et dont le manche se replie) et commença à graver sur le seuil l’image du dernier des chevaliers qui lui avait offert le gîte et le couvert…
C’était un jeune homme à la belle prestance, fougueux et impatient qui revenait des croisades… Il avait noble figure, et des yeux bleus, magnifiques, où l’on pouvait imaginer tout le ciel de la Provence et les champs de lavandes en fleurs. Sa voix était chaude et son rire si clair que même les cloches des églises se taisaient pour mieux l’entendre. Le chevalier était amoureux. Cet amour lui avait donné la force nécessaire pour triompher de ses ennemis. Lorsqu’il avait rencontré Clément, sur le chemin du retour, il l’avait invité à se joindre à lui. Il lui avait parlé de sa dame… Clément l’écoutait…
Vous savez ? Non, vous ne savez pas…
Clément n’avait pas l’habitude d’écouter. C’était lui qui, d’ordinaire, racontait, en parlant ou en chantant, des histoires terribles, des épopées, des tragédies, ou alors, des contes gentillets où des elfes légers comme des papillons courtisaient des demoiselles aux ailes argentées. Tout dépendait de son humeur, des êtres qu’il avait croisés. La plupart du temps, il transposait dans des récits décousus ce qu’il avait vu sur sa route.
Avec le chevalier, il apprit à se taire, à écouter. Peu à peu, lui aussi, il tomba amoureux de la belle jeune fille dont on lui parlait tous les jours. Il rêva d’elle… comme seuls les troubadours savent rêver, en poète. Il lui donna toutes les qualités, plus encore que celles que lui attribuaient son amant. Il rêva d’elle, tout éveillé, tandis qu’il chevauchait, il rêva d’elle chaque nuit et, bien qu’il ne voulût pas trahir son compagnon, il ne pouvait qu’imaginer le doux moment où il serait enfin près d’elle, lui contant fleurette… comme tout bon troubadour le ferait !
Il se mit à espérer l’arrivée au château…
On raconte que ce jour-là, le chevalier entra chez lui et n’y trouva pas sa dame. On voulut lui expliquer, le retenir… mais au milieu de la chapelle, un grand cercueil de bois sombre semblait l’attendre. Une seconde suffit pour qu’il comprît son malheur.
Lui qui avait vaincu tant d’ennemis ne put pas surmonter son chagrin. Il vacilla et tomba près de sa dame.
Le lendemain, ses parents et amis les enterraient tous deux, côte à côte, dans le même tombeau.
Clément ne vit jamais la dame, il l’imagina seulement, et tandis que, des années plus tard, il sculptait dans la pierre l’image du chevalier, il décida de mettre auprès de lui sa dame…
Il ne l’avait jamais vue, ce n’était pas facile. Le chevalier occupait presque toute la pierre. Il grava donc la dame de profil, en se disant qu’il y aurait bien quelqu’un pour donner du sens à cette image.
(Merci à AA pour cette histoire)
Plus tard, bien plus tard, un soir de novembre, deux petits lutins, l’un bleu et l’autre vert, comme il se doit, s’avancent vers le
cercle où sont réunis tous les lutins de la forêt des merveilles. Ils sont bien fatigués… Comme le font chaque année les plus jeunes de la forêt, ils ont accompli
le pèlerinage. Ils ont fait le chemin à pied, comme il se doit aussi.
Ils s’avancent en silence. Le roi de la forêt leur donne la parole… L’un puis l’autre doivent narrer l’histoire de ces gisants. Ils ne se sont pas concertés, ils n’en avaient pas le droit.
Le Comte de Rohan se faisait une joie de retrouver son épouse, après cinq années de captivité dans les geôles de Jérusalem.
Malheureusement, le destin n'avait pas fini de se jouer de lui.
A bout de force, il parvint à rejoindre ses terres pour apprendre que Malvina, sa tendre épouse dont le souvenir lui avait permis de tenir pendant toutes ces années, avait été emporté par une mauvaise fièvre pendant l'hiver.
Terrassé par la douleur, il rassembla ses dernières forces pour se précipiter dans la crypte familiale où il s’enferma.
Aveuglé par les pleurs, sourd aux coups frappés contre la porte par ses serviteurs, il s'agenouilla devant le gisant de son épouse.
Ses paroles implorantes ne rencontrèrent que la désolation de ces murs froids et se perdirent sans écho.
Las, il finit par s'allonger à côté de Malvina.
Il aurait voulu la prendre dans ses bras, une dernière fois, mais le contact de la pierre était si froid qu'il se sentit gagné par l'engourdissement.
Dans un dernier effort, il parvint à étreindre le gisant, posa ses lèvres sur ces lèvres de pierre et s'éteignit dans un dernier souffle.
L'éternité sera le seul témoin de leurs retrouvailles.
(Merci à Muad, pour cette histoire.)
Les auditeurs sont frappés de tristesse… les petits lutins pleurent facilement ! Le lutin bleu voit bien que les larmes sont sincères ! Il a imaginé cette histoire d’amour qui ne finit jamais parce qu’il rêve encore à un amour éternel. Mais ces deux êtres que le troubadour a gravés dans la pierre, s’aimaient-ils vraiment ?
Le lutin vert, un peu mutin, prend alors la parole. Sa voix s’élève puissante et claire dans le silence qui vient de s’installer.
Je m’appelle Brunehaut de PEYREPLATE… du Languedoc.
Depuis huit siècles, je gis là, de guingois... et ce n'est pas la norme. Écoutez mon histoire.
Je naquis au château de mon père le seigneur de BOURSEPLATTE. J’étais heureuse, les ménestrels nous visitaient souvent, la musique et les jongleries coulaient à flot ainsi que les vins rares d'EBAY...
Le troubadour Jehan de Alidé m'aimait courtoisement... Hélas, le trésor qu'avait amassé mon père aux croisades (pour sauver le tombeau du Christ, vous savez…), ce trésor s'épuisait. Mon père me "vendit" à un riche seigneur voisin de nous... Il devint mon époux : il était laid, mais passe encore, il était bête... et il puait comme un goret.
Vous comprenez pourquoi je me tiens de guingois, et pourquoi j'ai une main sur un sein et l'autre sur le ventre !... LE BON MARIAGE… vous comprenez ?
(Merci à Nymphea pour cette histoire)
Il y a tant de bruit autour du feu à présent (les lutins rient, d’autres se tapent sur le ventre, certains s’insultent aussi "Tu t’es vu quand t’as bu ?") que
le roi doit faire donner la garde ! Ils s’emparent des fauteurs de trouble et les autres restent cois.
Le roi décide de leur donner une seconde chance… Ils ont la nuit pour trouver d’autres histoires !
… à demain, si vous le voulez bien !


Pour laisser un commentaire...
Si vous cliquez sur "ajouter un commentaire", une fenêtre apparaît.
Il faut y donner votre nom... votre pseudo... quelque chose qui me permette de savoir qui vous êtes.
Dessous, votre adresse électronique... rassurez-vous, elle n'apparaîtra pas en ligne, Je la garderai pour moi.
Dessous, l'adresse de votre blog. Ce n'est pas obligatoire, mais ça permet de créer des liens, de savoir où l'on peut vous retrouver.
Et puis ensuite, ce que vous avez pensé... Ce peut être très court... ou un peu plus long, selon le temps dont vous disposez.
Voilà, il ne vous reste plus ensuite qu'à recopier le code qui permet seulement de vérifier que nous n'êtes pas un robot... un extra-terrestre... enfin je ne sais quoi qui pourrait aussi venir me
visiter...
Vos messages