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"Bon, je traverse la rue à toute allure, je lui fonce entre les jambes, je saute sur le premier morceau de viande venu, et je ressors par le même chemin. Il est gros, je suis rapide, il ne m'aura pas. Avec un peu de chance, il ne s'apercevra de rien."
Évidemment, ça ne se passa pas du tout comme il l'avait prévu. (...)
D'abord il entendit un hurlement qui le paralysa sur place, ensuite il vit le boucher se précipiter sur lui, les mains rouges en avant, puis il se retrouva plaqué sur la formidable poitrine, et enfin il entendit la voix du boucher exploser à ses oreilles :
- Et alors, qu'est-ce que ça veut dire ? On vient nous écraser nos chiengs ? Quoi ? Pas content ? Hé ? Faut que je me fâche? Va donc, eh, Parisiengs ! (p. 24)
La passante avait de longues jambes fines, répandait une bonne odeur de violette, et ses talons faisaient tip-tap, comme plus tard ceux de La Poivrée. La passante mit un certain temps à se rendre compte qu'elle était suivie. Elle s'arrêtait devant un magasin, Le Chien s'arrêtait à ses pieds. Elle collait son nez à la vitrine, il y collait aussi le sien. Tout en bas. Elle regardait les marchandises avec envie, il flairait certaines odeurs avec sympathie. "ça devrait marcher entre nous, pensait le chien, on a les même habitudes. La passante repartait, il repartait aussitôt, frétillant de la queue, le museau à deux centimètres de ses talons. (p. 26)


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