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Au fil du temps

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Il ne sert à rien de s'abîmer les yeux... (sourire)
Vendredi 12 octobre 2007
Hier, j'ai sans doute mal choisi mon extrait de roman... il était un peu triste. Tout ça, parce que c'est vrai que j'aime assez les moments "émotion", ceux où l'on a l'impression que tout peut arriver, mal ou bien, et où les esprits peuvent hésiter entre deux fins...


Alors, comme je ne veux pas vous laisser sur l'impression que ce roman est triste... parce que ce n'est pas vraiment ça, je vais vous donner ici quelques extraits...  pour compléter.


Je vous ai dit que le narrateur, c'était Le Chien... (il n'a pas d'autre nom... et celui-ci, c'est Pomme qui le lui a donné !)... ce n'est pas tout à fait vrai... mais c'est comme si l'on n'envisageait que son point de vue.



Voulez-vous savoir comment il parle des hommes ? (en général, pas des hommes par opposition aux femmes...)


Quelque chose l'a toujours chiffonné avec les hommes : ils sont imprévisibles. Ce ne sont pas comme les autres chiens (la queue entre les pattes ou le poil hérissé, on comprend très bien, pas de problème) ni comme les chats (ceux-là, ils ont beau prendre leur air siamois, on sait toujours plus ou moins, quand le coup de griffe va partir), ce n'est pas non plus comme le Temps (ah ! ça, le Temps, il ne s'est jamais laissé surprendre par le temps, Le Chien ! Toutes ces odeurs qui changent, ces insectes qui se pointent, ces oiseaux qui plongent... non, rien de moins traître que le Temps). Tandis que les hommes... (p.9-10)


Les hommes ? Le Chien va aller à leur rencontre, après la mort de Gueule Noire... D'abord un boucher... un brave homme de boucher (vous imaginez Raimu... parce que Jean Gabin, il n'aurait pas l'accent !) parce qu'il a faim et a suivi l'odeur de viande...


"Bon, je traverse la rue à toute allure, je lui fonce entre les jambes, je saute sur le premier morceau de viande venu, et je ressors par le même chemin. Il est gros, je suis rapide, il ne m'aura pas. Avec un peu de chance, il ne s'apercevra de rien."
Évidemment, ça ne se passa pas du tout comme il l'avait prévu. (...)
D'abord il entendit un hurlement qui le paralysa sur place, ensuite il vit le boucher se précipiter sur lui, les mains rouges en avant, puis il se retrouva plaqué sur la formidable poitrine, et enfin il entendit la voix du boucher exploser à ses oreilles :
- Et alors, qu'est-ce que ça veut dire ? On vient nous écraser nos chiengs ? Quoi ? Pas content ? Hé ? Faut que je me fâche? Va donc, eh, Parisiengs ! (p. 24)


Le boucher, personnage haut en couleur... que Le Chien quitte parce qu'en fait c'est une maîtresse qu'il cherche...


La maîtresse... il croit l'avoir trouvée... Il la suit dans sa partie de lèche-vitrine...


La passante avait de longues jambes fines, répandait une bonne odeur de violette, et ses talons faisaient tip-tap, comme plus tard ceux de La Poivrée. La passante mit un certain temps à se rendre compte qu'elle était suivie. Elle s'arrêtait devant un magasin, Le Chien s'arrêtait à ses pieds. Elle collait son nez à la vitrine, il y collait aussi le sien. Tout en bas. Elle regardait les marchandises avec envie, il flairait certaines odeurs avec sympathie. "ça devrait marcher entre nous, pensait le chien, on a les même habitudes. La passante repartait, il repartait aussitôt, frétillant de la queue, le museau à deux centimètres de ses talons. (p. 26)


Ce qui arrive ensuite est à mourir de rire... c'est vrai... mais si je vous raconte tout, vous n'aurez plus à lire le livre, pas vrai ?


Le Chien se cherche une maîtresse.


Il va la trouver, il va l'apprivoiser... et se faire accepter par tout l'entourage... C'est ce qui est important.


J'ai presque envie de vous dire que tout le roman est comme ça, mélange de moments de tendresse, de moments de folie pure, de moments de frayeur... comme dans la vie,

...une vie où le héros serait un chien.



par Quichottine publié dans : Livres lus
communauté : SOIF DE LIRE... ajouter un commentaire commentaires (17)   
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