Le
douzième chapitre commence donc par l'annonce de la mort de
Chrysostome. À peine apparu dans notre histoire, il disparaît. Lui,
c'est un prétexte. Le héros véritable de cette histoire dans l'histoire, c'est
Marcelle. Vous ne me croyez pas ?
Attendez que je vous explique.
Vous avez vu qu'auparavant, le jeune
Antoine a expliqué qu'il était amoureux de
Lalie et que parce qu'il l'aimait elle n'avait d'autre
choix que de l'aimer aussi...
Là, Petit-Jean est mort
Si je l'appelle
Petit-Jean, c'est pour être plus simple... Parce qu'en fin, plus personne ne s'appelle "
Chrysostome" aujourd'hui... Et
puis, Chrysostome, c'est
Saint Jean, n'est-ce pas ?... Alors, je dérive un peu, je prends une tangente et je dirai que l'
amant de
Marcelle, c'est
Petit-jean...
(Rien à voir avec Robin
des bois, même si ce pourrait être un héros de l'époque)
Et puis... vous savez bien, l'
amant... Ce n'est pas comme aujourd'hui. L'
amant, c'est celui qui aime une femme, qui lui a déclaré sa
flamme
(avant de le lui avoir dit qu'il l'aimait, ce n'est que son amoureux, s'il lui plaît par contre, il peut devenir son
galant... et ça c'est encore autre chose !)
Là, Petit-Jean, ce n'était que son amant... Marcelle n'en a pas voulu.
(J'entends déjà
Siratus me dire que j'exagère...)
C'est vrai.
Petit-Jean, ce n'est pas n'importe qui.
Il est
gentilhomme, il étudia à
Salamanque (l'une des premières universités d'Espagne) il fait
donc partie des
privilégiés... D'ailleurs, tandis que l'un des bergers,
Pierre, le présente à
Don
Quichotte, nous assistons à une véritable leçon de vocabulaire.
Pierre,
estropie les mots sans vergogne, il ne les connaît pas.
Don Quichotte, patiemment, le reprend dans un savoureux dialogue. Parce que le berger ne sait pas vraiment ce qu'est une
éclipse ou l'
astrologie... Il ne connaît pas les mots, il les déforme... et voilà que le héros veut le corriger.
C’est pour son bien dites-vous ? Mais il n’en a que faire… Il l’envoie balader !
« […] si c’est monsieur, que vous me vouliez à chaque pas rejeter au nez les paroles, nous n’aurons pas fini d’un an. »
(p100)
Don Quichotte acquiesce et le berger peut continuer.
Il apprend au chevalier que
Marcelle est la fille du plus riche laboureur du village, qui est même plus riche que ne l’était
Chrysostome (ah… là, je prends le prénom en entier, il faut lui redonner toute son importance, puisqu’il est question de richesse…)
Marcelle est entourée de mort dès sa naissance : sa
mère qui est morte en couches, son
père qui n’a pas
survécu à son chagrin. La petite fille a été élevée par son
oncle, curé de la paroisse…
(Je résume, bien sûr.) La damoiselle
devient
tellement belle qu’on accourt de tout le pays pour demander sa main à l’oncle…
Je me demande pourtant comment on savait qu’elle était belle puisque l’oncle en question
la gardait avec beaucoup de soin et fort recluse
(p.101)
Vous êtes-vous promenés en
Espagne ? Les fenêtres des maisons sont grillagées, et les belles ne peuvent guère apparaître derrière leurs
jalousies… Vous vous imaginez ? Moi, j’imagine bien
Marcelle soupirant derrière sa grille.
Mais,
elle ne soupire pas d’amour, non, elle voudrait courir dans les prés, sans plus se préoccuper de sa vêture. Elle voudrait traverser les ruisseaux en sautant
d’une pierre à l’autre, les pieds nus… Elle voudrait tout cela, mais son oncle ne fait que lui parler de ses prétendants. Une
fille à marier, c’est un bien lourd
fardeau. Il voudrait bien pouvoir le céder à un autre ! Mais il ne veut pas la forcer, en aucune façon.
Elle, au lieu de le remercier de ses bienfaits,
de sa patience,
elle se fait
bergère…
Et dès qu’elle sortit en public et que l’on vit sa beauté à découvert, je ne vous saurais bonnement dire combien de riches jouvenceaux, tant gentilshommes que laboureurs, ont pris le même habit
que Chrysostome, et lui vont faisant l’amour par ces campagnes.
(p102)
Là… je vois
vos yeux s’allumer d’une petite
lueur coquine.
Si j’en crois
Cali, la reine des
blogopotes, s’il y a des sujets qui font
recettes, ils ne traitent pas tous des douceurs de
Tatiana… Non mais… Vous croyez que je vais vous parler
de
galipettes ?
Eh bien, vous le saurez… demain…
...Si vous le voulez bien !
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