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Il ne sert à rien de s'abîmer les yeux... (sourire)
Jeudi 13 septembre 2007

Aujourd'hui, c'est jeudi...



Jeudi... je redeviens adolescente, je retrouve mon amour immodéré... pour la poésie... qui ne nourrit pas son homme comme chacun sait.


J'aurais pu vous parler de Victor Hugo, de Jacques Prévert... ou même d'Antonio Machado, de Federico García Lorca... Je vous en parlerai, plus tard... (Je ne mets pas de lien, ils viendront lorsqu'il le faudra.)


Aujourd'hui, je m'offre une récréation :


Henri MESCHONNIC, Nous le passage,
Verdier, 1990


Je l’ai emprunté à la bibliothèque, peut-être pour rechercher dans les poèmes ce que le linguiste y aurait oublié (c'est un éminent professeur de linguistique... un traducteur de langues anciennes - il a traduit le "Cantique des Cantiques" de la nouvelle version de la Bible...)

Peut-être mon goût de la contradiction m’a-t-il conduit à penser qu’il ne serait pas aberrant de déposer un peu de rêve au milieu de tout ce sérieux, de lire un poème, ou deux, peut-être trois... Pourquoi pas ?


la main qui est forte
n’est pas celle qui tient le présent
c’est la main vide
qui montre l’avenir

et celui qui parle
n’est pas celui qui est le maître des mots
c’est celui qui transforme le silence
avec ses mots
et qui transforme les mots
par son silence

(27)


les intervalles entre les coups du cœur
ne sont pas vides
les intervalles entre les mots ne sont pas des blancs
ce sont des presque mots des
presque gestes
du plus que se taire
et du moins que dire

(32)



je connaissais des réponses
mais les questions me connaissent
mieux car jour nuit elles
m’inventent

(61)



Des poèmes sans majuscules, sans ponctuation, sans phrases


Du moins si l’on considère la définition que l’on apprend à l’école...

Une phrase commence par une majuscule
et se termine par un point.


Cette définition ne change guère du CE1 au CM2, même si on lui apporte des nuances, il y est toujours question de "signes de ponctuation" de l’écrit.

La linguistique (quel mot barbare !) n’a pas modifié encore cette première approche grammaticale de l’école élémentaire.

Il n’y a pas de majuscule, pas de point,
seulement des mots, et des absences de mots.

Les "blancs" dont Henri Meschonnic parle si souvent, auxquels il attribue tant de sens.

Des passages à la ligne qui sont autant de "blancs" immenses, qui obligent à une gymnastique oculaire, qui invitent à la réflexion. Ils nous laissent le temps de penser, d’espérer éventuellement autre chose.

Mais le poète joue avec celui qui le lit.

Quelle lecture linguistique Henri Meschonnic ferait-il de lui-même ?

Je ne sais pas.
Je ne veux pas non plus le savoir.

J’ai lu ce livre, comme on lit des poèmes, en me laissant prendre à la magie des mots.


J’avais le temps : j’avais décidé que c’était l’heure de la récréation… et qu’à l’image des récréations de printemps, lorsque, entre deux averses, après de longs mois d’hiver, nous nous laissons aller à une récréation un peu trop longue, parce que le soleil brille enfin, et qu’il n’est pas sûr qu’il dure…


J’ai décidé d’en recopier trois, en ne respectant pas ce que l’auteur voulait, puisqu’il n’en a mis qu’un par page, ce qui laisse de grands "blancs"…


Trois poèmes donc, qui m’ont plu.

Mais celui que je préfère, je le garderai pour moi...
...ç’aurait été un quatrième… !

par Quichottine publié dans : Livres lus
communauté : SOIF DE LIRE... ajouter un commentaire commentaires (23)   
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Dessous, l'adresse de votre blog. Ce n'est pas obligatoire, mais ça permet de créer des liens, de savoir où l'on peut vous retrouver.
Et puis ensuite, ce que vous avez pensé... Ce peut être très court... ou un peu plus long, selon le temps dont vous disposez.

Voilà, il ne vous reste plus ensuite qu'à recopier le code qui permet seulement de vérifier que nous n'êtes pas un robot... un extra-terrestre... enfin je ne sais quoi qui pourrait aussi venir me visiter...

Parfois il n'est pas simple à voir, mais si l'on se trompe, le code change... et il suffit de copier le nouveau.
Et puis enfin, vous envoyez le commentaire et j'y réponds.

Quichottine

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