« Il était une fois un petit prince qui habitait une planète à peine plus grande que lui… » José a neuf ans. Ce bout de chou n'a jamais connu son père ; il vit avec sa mère, avec un lit qu'il appelle "voyage", et un bougeoir rebaptisé le "colonel". Dans sa chambre, il s'invente un univers qui n'existe que pour lui. Personne n'y a accès, pas même sa propre mère. Reviendra-t-il indemne de cet ailleurs dans lequel il se mure ? Le docteur dit de ne pas trop s'inquiéter, alors sa mère attend, sans trop y croire. Avec une infinie pudeur, Richard Andrieux explore l'imaginaire d'un enfant à part, qui tient par un fil, suspendu entre deux mondes.
Dès qu'il pouvait, il restait seul. A l'école, pendant la récréation, il s'isolait toujours sur le même banc qu'il appelait "courage", puis, il fermait les yeux.
Dans sa chambre, il y avait un lit qu'il appelait "voyage". Le petit bureau avec des tiroirs verts, c'était "le chêne", à cause de toutes ses feuilles de papier en désordre. Il y avait aussi une armoire en formica sans nom ; il n'aimait pas sa couleur. La petite bibliothèque remplie de livres qu'il n'avait jamais lus, il la surnommait "bataille".
À table, pendant les repas, elle le regarde. Elle ferait n'importe quoi pour qu'il s'intéresse un peu à elle. Un soir pendant le dîner, elle s'est même parlé toute seule. Elle espérait... Elle espérait un mot gentil. José n'a rien dit ; il a mangé, puis il est reparti dans sa chambre. Maintenant, dans sa solitude à elle, il y a la douleur.
Il se peut qu'en écrivant
l'on ait songé à son lecteur.
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