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Il ne sert à rien de s'abîmer les yeux... (sourire)
Vendredi 7 septembre 2007
Voilà... D'habitude, ce genre de quatrième de couverture me fait fuir... Je ne suis pas maso...

« Il était une fois un petit prince qui habitait une planète à peine plus grande que lui… »  José a neuf ans. Ce bout de chou n'a jamais connu son père ; il vit avec sa mère, avec un lit qu'il appelle "voyage", et un bougeoir rebaptisé le "colonel". Dans sa chambre, il s'invente un univers qui n'existe que pour lui. Personne n'y a accès, pas même sa propre mère. Reviendra-t-il indemne de cet ailleurs dans lequel il se mure ? Le docteur dit de ne pas trop s'inquiéter, alors sa mère attend, sans trop y croire. Avec une infinie pudeur, Richard Andrieux explore l'imaginaire d'un enfant à part, qui tient par un fil, suspendu entre deux mondes.

Et puis, je ne sais pas pourquoi, je l'ai pris quand même, je suis allée à la caisse, avec ce livre, et aussi un autre que je n'ai pas encore lu et dont je vous parlerai une autre fois.

Hier, en allant chez le dentiste, je l'ai lu, en entier... dans mon RER...

Il se lit très vite, trop vite.
Je me dis que je le relirai, un autre jour, plus tard, dans d'autres circonstances.

C'est un roman... (C'est ce que l'éditeur nous dit.)

Jos--1.jpg



Richard Andrieux, vous savez qui c'est, vous ? Moi, je me dis que je suis vraiment ignare, je ne sais pas... Auteur-compositeur, qu'ils disent. C'est grave de ne pas connaître ?

Mais, j'ai lu... et puis, j'ai sorti un crayon de mon sac, pour ne pas abîmer le livre, j'ai marqué dans la marge quelques passages, pour vous dire, pour vous les lire, ici...

Dès qu'il pouvait, il restait seul. A l'école, pendant la récréation, il s'isolait toujours sur le même banc qu'il appelait "courage", puis, il fermait les yeux.
(p.15)

Lui, c'est José, il a neuf ans. Et, en lisant ces mots, je me suis souvenue d'un poème de Jacques Prévert... Un truc que je lisais, il y a très longtemps, un poème qui chaque fois me mets les larmes aux yeux, encore aujourd'hui. C'est idiot, je sais bien, mais je suis aussi comme ça, hier, j'étais avec José, sur son banc, et à côté de nous, il y avait le Désespoir de Jacques Prévert, celui qu'il ne faut pas regarder...

Un peu plus loin, il y a un lit, le lit de José, celui où il passe son temps, dans la chambre.

Chaque objet à un nom
et chaque objet parle au lecteur, avec ce nom... Vous vous souvenez ? Je vous parlais de l'importance des noms... C'était au début de ma lecture de Don Quichotte. Ici, je crois que c'est pareil. Si l'on ne fait pas attention aux noms que l'enfant donne aux objets qui l'entourent, on ne peut pas comprendre pourquoi il s'enferme peu à peu dans son monde.

Dans sa chambre, il y avait un lit qu'il appelait "voyage". Le petit bureau avec des tiroirs verts, c'était "le chêne", à cause de toutes ses feuilles de papier en désordre. Il y avait aussi une armoire en formica sans nom ; il n'aimait pas sa couleur. La petite bibliothèque remplie de livres qu'il n'avait jamais lus, il la surnommait "bataille".
(p.18)

Et puis, vous savez, cette bataille que l'enfant va mener, je ne vous la raconterai pas, parce que ce serait bien que vous la lisiez... un jour où vous aurez envie de beaucoup de poésie et où vous n'aurez pas trop de vague à l'âme. Parce que ce livre là, il est vraiment magnifique, plus que cela encore. Il n'est nul besoin d'avoir beaucoup de temps, il faut seulement beaucoup d'amour...


Cet amour que sa mère lui a donné, et qu'il ne voyait pas...

À table, pendant les repas, elle le regarde. Elle ferait n'importe quoi pour qu'il s'intéresse un peu à elle. Un soir pendant le dîner, elle s'est même parlé toute seule. Elle espérait... Elle espérait un mot gentil. José n'a rien dit ; il a mangé, puis il est reparti dans sa chambre. Maintenant, dans sa solitude à elle, il y a la douleur.
(p.25)


Richard Andrieux, José
Paris : Editions Héloïse d'Ormesson, 2007





PS du 16 septembre 2007 :

Richard Andrieux a un blog (clic) ... allez lui rendre visite !

Par Quichottine - Publié dans : Livres lus
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